Mercredi 27 octobre 1875 (A)

De Une correspondance familiale


Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


original de la lettre 1875-10-27A pages 1-4.jpg original de la lettre 1875-10-27A pages 2-3.jpg


Paris le 27 8bre 1875.

Mon père chéri,

Voilà bien bien longtemps que je ne t’ai plus écrit aussi je t’en demande bien pardon. Comme excuse je te dirai que ces derniers jours j’ai été assez en retard pour mes devoirs je passe toute ma semaine à travailler pour le Lundi et alors pour le Mercredi je n’ai plus qu’un jour ce qui n’est pas de trop je t’assure aussi ce matin j’ai fini encore bien des petites choses et j’ai un peu peur de la manière dont je sais mon histoire sainte heureusement que Mlle Viollet n’est pas très sévère quoique cependant quand on ne elle sache parfaitement nous dire qu’on ne sait pas. Mon cours continue à beaucoup m’intéresser plus je vais et plus il m’amuse je t’attends avec impatience pour te montrer tout ce que je fais. Nous avons eu il y a huit jours notre 1er cours de géographie il a été fait sur la géologie de la France et d’une façon très claire et très intéressante. Du reste comme te le diraient les prospectus Mlle Kleinhans a obtenu une médaille d’or à l’exposition !

Je retrouve toujours Marthe Tourasse avec laquelle je sympathise beaucoup elle est très gentille et comme nous ne sommes pas nombreuses je suis toujours avec elle. Ses terreurs continuent et elle ne comprend pas que je ne m’agite pas. Nous avons une nouvelle depuis huit jours mais la pauvre fille n’a pas l’air très forte je ne sais pas son nom car elle parle peu et ne descend pas toujours aux récréations.

Nous n’avons pas encore été aux examens pour la bonne raison qu’ils ne sont pas commencés on passe les écrits en ce moment mais ceux-là ne sont pas publics il y a paraît-il 700 jeunes filles qui se présentent à cette cession-ci.

M. Edwards[1] est revenu Lundi soir il va bien et lui et son compagnon[2] sont contents de leur voyage c’est effrayant tout ce qu’ils ont vu en 10 jours.

Le froid continue mais en plus aujourd’hui nous avons de la pluie ce qui est très désagréable pour aller au cours. Jean[3] est enrhumé et couché depuis hier, du reste le rhume est ici devenu chose générale tout le monde tousse et se mouche tante[4] elle-même est prise.
Quant à Emilie[5] et moi nous annonçons de temps en temps que décidément nous sommes enrhumées et le lendemain nous sommes obligées de donner un démenti formel. Hier nous avons eu Hortense[6] et sa tante[7] une partie de la journée ; du reste on nous la donnera demain et nous la conserverons jusqu’à Samedi. Elle va bien et a très bonne mine. Bonne-maman Desnoyers[8] est venue aussi passer la journée avec nous elle n’est pas trop fatiguée et vient d’aller passer trois jours à Montmorency à cause de la grande maison.

Je pense qu’oncle Auguste[9] et tante Eugénie[10] sont maintenant à Morschwiller avec bon-papa et bonne-maman[11] c’est bien fâcheux que nous n’ayons pas pu nous trouver avec eux.

Mes problèmes étaient-ils bons ? Mlle Bosvy trouve que je fais des progrès ce qui n’est pas malheureux nous en faisons beaucoup au tableau pour nous y habituer.

Emilie a écrit Dimanche à Hélène Berger. Les[12] as-tu vues depuis notre départ ? Et les Stoecklin sont-ils de retour d’Epinal et ont-ils fixés quelque chose relativement à leur départ ?

Emilie étudie beaucoup son piano depuis notre retour ; quant à moi mon zèle est extrêmement modéré et je t’avouerai que cela m’ennuie un peu d’aller faire des gammes et autres choses semblables lorsque je sens beaucoup de devoirs à faire qui tous m’amusent plus. Je n’ai pas encore repris le dessin ce qui est très mal car cela ne m’ennuie pas seulement je n’ai pas encore trouvé la bonne heure pour placer mes leçons[13].

A revoir mon petit papa chéri que j’aime je t’embrasse de tout mon cœur.
Ta fille
Marie

N’est-ce pas que les petites lettres d’Emilie sont gentilles ? je te prie de vouloir bien embrasser bon-papa et bonne-maman de ma part. Sans oublier leurs visites[14].


Notes

  1. Henri Milne-Edwards.
  2. Noël Dumas.
  3. Jean Dumas.
  4. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  5. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  6. Hortense Duval.
  7. Constance Prévost épouse de Claude Louis Lafisse.
  8. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  9. Charles Auguste Duméril.
  10. Eugénie Duméril, veuve d’Auguste Duméril.
  11. Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril.
  12. Hélène et sa sœur Marie Berger.
  13. Leçons avec Marie Louise Duponchel.
  14. Les Duméril réunis à Morschwiller.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mercredi 27 octobre 1875 (A). Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_27_octobre_1875_(A)&oldid=35131 (accédée le 18 août 2022).

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