Vendredi 17 octobre 1913

De Une correspondance familiale



Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Brunehautpré), à son fils Louis Froissart (Paris)


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 Brunehautpré
Campagne-lès-Hesdin n°2
Brimeux
Pas-de-Calais

17 Octobre

Mon cher Louis,

J’ai vu ce matin Lucie[1] qui a l’intention d’aller à Paris avec Henri pour voir des autos. La leur est en réparation et les pièces importantes qu’il faudrait remplacer seraient tellement coûteuses à refaire parce que ces modèles de 1905 ne sont plus d’une fabrication courante qu’ils se décideront peut-être à prendre du nouveau. Naturellement Geneviève[2] sera du voyage, puisqu’elle ne peut se séparer de sa maman. Ils pensent arriver Lundi soir par le train de 7h20 par conséquent pour dîner vers 8h, et resteront probablement jusqu’à Jeudi. J’ai écrit à Zoé[3] qui est actuellement chez elle pour qu’elle arrive directement chez vous soit Dimanche à 7h20, soit Lundi matin à 10h30. Je donne à Françoise[4] des instructions sur la feuille ci-jointe que je te prie de lui remettre.

Je suis sortie ce matin de la retraite que j’ai faite à Aire[5], en compagnie de Mme de Bournonville[6] et de la nièce de M. le Doyen[7]. Je les ai ramenées en auto ayant fait, avant le départ, un petit crochet jusqu’à Hazebrouck[8] très rapidement.

Comme cela ne t’amuserait probablement pas beaucoup que je te raconte les sermons, conférences, causeries que j’ai entendus et qui furent aussi nombreux qu’intéressants, je ne t’écrirai pas longuement. La bonne cousine Ozélie[9] a été charmante et si affectueuse avec moi que j’en étais touchée.

Ton papa[10] va demain à Arras pour assister à un concours de motoculture et moi à Boulogne pour voir mon dentiste et j’espère que ce sera la dernière fois. J’irai déjeuner avec Michel[11] pour le voir un peu car il juge plus raisonnable de ne pas venir Dimanche. Jacques et Élise[12] sont partis Mercredi pour Saint-André et pensent aller à Paris dans les derniers jours du mois.

Je sais que Pierre[13] a téléphoné à ton papa et reçu une réponse pour la chambre à louer au 7e. Je sais aussi que vous avez dîné chez Marthe[14].

Dis à Pierre que je le remercie beaucoup de sa lettre qui est venue me trouver dans ma clôture et partage avec lui mes tendresses.

Émilie

J’ai écrit à Pally pour qu’il vienne remettre tapis et rideaux, autant que possible avant l’arrivée des Degroote.

Notes

  1. Lucie Froissart, épouse d’Henri Degroote.
  2. Geneviève Degroote, leur 4e enfant, née le 10 juillet 1913 (après Anne Marie, Suzanne et Georges Degroote).
  3. Zoé, employée par les Froissart.
  4. Françoise Maurise Giroud veuve de Jean Marie Cottard, autre employée.
  5. Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais).
  6. Germaine Le Vasseur de Fernehen, épouse de Christian de Bournonville.
  7. Jeanne Brayé, nièce de Jean Baptiste Legay, curé-doyen de Campagne-lès-Hesdin depuis 1911.
  8. Hazebrouck où vivent les Degroote.
  9. Cousine Ozélie non identifiée.
  10. Damas Froissart.
  11. Michel Froissart.
  12. Jacques Froissart et son épouse Élise Vandame.
  13. Pierre Froissart.
  14. Marthe Pavet de Courteille, veuve de Jean Dumas.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Vendredi 17 octobre 1913. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Brunehautpré), à son fils Louis Froissart (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_17_octobre_1913&oldid=56405 (accédée le 14 août 2022).

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