Samedi 17 septembre 1859

De Une correspondance familiale


Lettre d’André Marie Constant Duméril (Vieux-Thann) à son fils Auguste Duméril (Trouville)


Original de la lettre1859-09-17-pages2-3.jpg


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Vieux-Thann, Samedi 17 Septembre 1859.

Vous aurez appris à trouville par ton frère[1], l'heureuse et agréable excursion que nous avons pu faire dans une grande partie de la Suisse pendant les quatre jours que nous y avons consacrés[2]. j'en suis revenu enchanté et tu auras peine à croire en voyant la carte l'énorme distance à laquelle nous nous sommes portés dans deux sens opposés et combien nous avons été favorisés dans notre transport par les chemins de fer et par les bateaux à vapeur. M. Ch. Mertzdorff[3] avait si bien pris ses mesures pour les heures d'arrivée de départ des déjeuners, des dîners et des couchers que nous avons pas perdu deux heures à attendre soit les bateaux soit les wagons, outre les montagnes les plus célèbres par leur hauteur et auxquelles on donne à chacune des noms particuliers aucun monument ou église un peu importante dans les quartiers les plus fréquentés dans les villes de Berne et de Lucerne ne nous ont échappé grâce aux guides par lesquels nous nous faisions diriger ! au reste dans une lettre à Constant que je lui ai adressée hier et dont tu pourras, par la suite, trouver des détails circonstanciés, tu verras qu'il était impossible, en si peu de temps de voir le grand nombre de lieux dans lesquels nous avons eu constamment des panoramas nouveaux.

nous avons profité de ces quatre jours car la pluie qui a duré les deux journées d'hier n'a presque pas cessé et je n'ai pu sortir. Le temps est remis ce matin. je pars demain à six heures pour Paris où je serai rendu à huit heures et demie.

par une lettre de Constant du 14 il me donne de tes nouvelles et de ton ménage à trouville[4]. Comment tu as eu la complaisance de revoir les placards qu'il t'avait envoyés[5]. j'en ai corrigé six ou sept paquets à trouville je te les enverrai dès mardi prochain à Trouville où si le temps n'est pas trop froid ou trop pluvieux j'espère aller vous trouver le mardi 27 ou le 28 : mercredi et de là au Havre. dans le cas où la saison continuerait d'être très froide ou pluvieuse comme elle l'était ici ces deux derniers jours je renoncerais à ce voyage. je t'ai écrit le <1e> de Charleville pour te donner des nouvelles de l'aimable accueil que j'ai reçu de la famille Malard.

Il en est de même ici toute la famille s'y trouve réunie. Mme Mertzdorff de Paris et sa fille[6] qui est très bonne musicienne et d'une activité et d'une pétulance remarquable, mais elle <a> toutes sortes de talents, exécute à livre ouvert et de mémoire toutes < > compositions. hier elle a accompagné sur le piano une chanson grotesque dans un costume de vielle cuisinière chanté très agréablement avec un grand entrain de gaieté et assaisonné de propos débités avec esprit par le jeune Georges Heuchel[7], outre la famille de ce dernier qui avait pris à un grand dîner où nous étions douze. nous avons eu le soir pour passer la soirée et prendre le thé cinq personnes de la famille André malheureusement la mère[8] un peu indisposée n'a pu accompagner <sa> fille Mme Berger[9] et son mari et trois de ses frères[10] dont l'un est officier de l'état-major et les deux autres dont l'un à ce que j'ai appris parce qu'il est arrivé avec moi de Lutterbach Elève de l'Ecole Polytechnique probablement sorti dans un mauvais rang car il se propose d'étudier la Médecine.

hier nous avons dîné chez Mme Mertzdorff la mère[11] qui est revenu de Colmar avec M. et Mme Zaepffel[12] et qui ont toujours faire partie de nos principaux repas dîner et souper.

Aujourd'hui je dîne chez Mme Heuchel[13] avec toute la famille, ce soir je préparerai ma malle afin d'être prêt à me mettre en route de grand matin.

peut-être recevrai-je avant midi une lettre de toi j'attendrai pour fermer ce billet l'arrivée du courrier jusqu'à midi où elle sera portée à la poste de Thann.

il n'y a pas de lettre de sorte que je clos celle-ci. s'il en arrivait une de toi demain je vais prier qu'on y mette la nouvelle adresse < >

Alençon

petite caisse

2 malles

Paris

Malle de Louise

Grande caisse

2 mallettes

2 sacs de nuit

1 panier


Notes

  1. Louis Daniel Constant Duméril (appelé Constant), frère d’Auguste, à qui André Marie Constant Duméril vient d’écrire.
  2. Voir le récit de ce voyage en Suisse.
  3. Charles Mertzdorff, mari de Caroline Duméril.
  4. Auguste Duméril est en vacances à Trouville avec sa femme Eugénie et leur fille Adèle.
  5. André Marie Constant Duméril prépare la publication d’une Entomologie analytique. Histoire générale, classification naturelle et méthodique des insectes (qui paraît en 1860 chez Firmin-Didot).
  6. Caroline Gasser, épouse de Frédéric Mertzdorff, et sa fille Elisabeth, habitent Paris et viennent souvent à Saint-Amarin en Alsace.
  7. Georges Léon Heuchel, neveu de Charles Mertzdorff.
  8. Marie Barbe Bontemps, veuve de Jacques André.
  9. Joséphine André, épouse de Louis Berger.
  10. Mention imprécise qui désigne probablement Jules André, frère de Joséphine ainsi que les frères de Louis : Léonce Berger et Victor Edgar Berger (polytechnicien).
  11. Marie Anne Heuchel, veuve de Pierre Mertzdorff, mère de Charles.
  12. Emilie Mertzdorff, sœur de Charles, et son mari Edgar Zaepffel.
  13. Elisabeth Schirmer, épouse de Georges Heuchel.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Samedi 17 septembre 1859. Lettre d’André Marie Constant Duméril (Vieux-Thann) à son fils Auguste Duméril (Trouville) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_17_septembre_1859&oldid=51847 (accédée le 14 août 2022).

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