Mercredi 4 juillet 1857

De Une correspondance familiale


Lettre de Caroline Duméril (Paris) à sa cousine Adèle Duméril (Lion-sur-Mer)



Paris 4 Juillet 1857

Tu es bien gentille ma chère Adèle, de m'avoir écrit comme tu m'avais promis de le faire ; ta petite lettre m'a fait grand plaisir et je t'en remercie beaucoup. Vous voilà déjà fort bien installées, à ce qu'il paraît ; d'après ta lettre et celles de ta mère[1], nous voyons que votre maison est agréable ; il est à regretter seulement qu'elle ne soit pas plus chaude et que les courants d'air s'y fassent autant sentir ; le manque de couvertures est aussi une chose fort désagréable, j'espère que la robe de chambre que nous vous expédions vous sera utile, le matin à ta mère, et la nuit, peut-être sur ton lit.

Je m'occupe beaucoup de tes poules[2] et je le fais maintenant avec grand intérêt parce que je commence à les bien connaître ; elles pondent bien ; ce matin, au déjeuner, il y avait déjà 3 œufs. Petite farceuse et les poules blanches sont toujours mouchetées de vert mais cela ne les empêche pas de se porter parfaitement.

Tu auras su, par ton père[3], que Mercredi nous avons eu le plaisir de voir Mme Des. et Aglaé[4] ; je ne m'y attendais guère et le plaisir n'en a été que plus grand. J'espère voir Eugénie la semaine prochaine. Hier j'ai eu une charmante petite visite de Mme de Sacy[5] ; je ne l'ai jamais vue si gentille ni si affectueuse.

Les petites Fröhlich[6] ont eu un gros chagrin en nous quittant ; Marie surtout était bien triste, je pense qu'elles ont repris maintenant toutes leurs habitudes.

Il faut que je te quitte, ma chère enfant, car nous allons à l'exposition[7] avec bon-papa[8] et il faut que nous soyons à l'école de médecine à 1 heure aussi n'ai-je que le temps de m'habiller bien vite car il est midi moins 1/4.

Adieu, ma bonne petite Adèle, je t'embrasse de tout cœur ainsi que ta mère et j'envoie mes amitiés à Louise.

Ta cousine et amie

Crol

Quand tu verras Mlle Lucie rappelle-moi je te prie à son bon souvenir.


Notes

  1. Eugénie Duméril et sa fille Adèle sont en vacances à Lion-sur-Mer.
  2. Adèle Duméril et ses parents habitent au Jardin des Plantes le reste de l’année.
  3. Auguste Duméril.
  4. Jeanne Target et son époux Alphonse Desnoyers ont deux fille Aglaé et Eugénie.
  5. Cécile Audouin vient de se marier avec Alfred Silvestre de Sacy.
  6. Adèle et Marie sont les filles d’Eléonore Vasseur et André Fröhlich ; ils habitent à Montataire.
  7. Probablement le Salon des beaux-arts ; il se tient au Palais de l’industrie, aux Champs-Élysées, depuis le 15 juin. Charles Cordier y expose 18 bronzes.
  8. André Marie Constant Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mercredi 4 juillet 1857. Lettre de Caroline Duméril (Paris) à sa cousine Adèle Duméril (Lion-sur-Mer) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_4_juillet_1857&oldid=48210 (accédée le 18 août 2022).

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