Mercredi 30 septembre 1812

De Une correspondance familiale

Lettre d’Alphonsine Delaroche (Paris) à son mari André Marie Constant Duméril (Laon)

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N° 215 I

1812

Paris 30 Septembre

Puisque j’ai la douce perspective de t’embrasser après-demain mon bien bon ami, ce n’est guère la peine de t’écrire encore, cependant me trouvant avoir encore un moment j’en profite pour te dire que je viens de recevoir tout à l’heure ta bonne lettre écrite hier. J’avoue que j’avais bien espéré recevoir hier de tes nouvelles, mais je comprends parfaitement comment tu n’as pas pu m’écrire plus tôt.

Je suis étonnée que tu n’aies pas trouvé à Laon, la dernière lettre que je t’ai adressée à Amiens et que tes Parents[1] t’auront sûrement envoyée, elle te sera sûrement arrivée hier en même temps que celle que je t’écrivis avant-hier. Je te remercie des détails que tu me donnes sur ta route d’Amiens à Laon et sur le plaisir que t’a fait la vue à Laon que l’on a de cette dernière ville.

J’espère que tu seras content de la mine ronde et de santé de ton fils[2] qui est à merveille et d’une gaieté et d’une vie qui font plaisir à voir quant à moi peut-être me trouveras-tu un peu maigrie et pâlie, cependant je vais tous les jours mieux et grâce à ma ceinture élastique je peux supporter un peu la position debout. J’ai pu tous les jours m’occuper d’écriture, de lecture et d’ouvrage, mais un peu d’application me fatigue moins au lit que levée.

Je viens d’être interrompue par la visite de M. Guersant qui ne savait point encore les ménagements que j’ai été obligée de prendre et qui m’a chargée de te dire mille choses.

François[3] et M. Bérard ont remis leur mémoire à l’institut avant-hier[4] ; mon frère a l’air content que ce soit fait.

Maman va aller avec la bonne et le petit à l’estrapade[5] prendre quelques objets nécessaires et qui y ont été oubliés.

je n’ai qu’une seconde pour t’embrasser, et te dire que je pense avec bien de l’émotion au plaisir de te revoir.

Tu seras étonné d’apprendre que M. Manoury notre portier est mort dimanche, j’ignore s’il s’est joint une autre maladie à celle qu’il avait.

Tu trouveras ton domestique[6] et ton cabriolet chez toi vendredi.


Notes

  1. François Jean Charles Duméril et Rosalie Duval.
  2. Louis Daniel Constant Duméril.
  3. Etienne François Delaroche, frère d’Alphonsine.
  4. Ce Mémoire sur la détermination de la chaleur spécifique des différents gaz, par F. Delaroche et J.-E. Bérard paraîtra dans les Annales de chimie (février 1813).
  5. Alphonsine s’est installée chez ses parents Marie Castanet et Daniel Delaroche, rue Favart, quittant provisoirement son domicile rue de l’Estrapade. Voir les adresses de la famille Duméril.
  6. Henry.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril à sa femme, p. 102-104)

Annexe

A Monsieur

Monsieur Duméril

Président des Jurys de Médecine à Laon

Poste restante

Pour citer cette page

« Mercredi 30 septembre 1812. Lettre d’Alphonsine Delaroche (Paris) à son mari André Marie Constant Duméril (Laon) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_30_septembre_1812&oldid=35182 (accédée le 26 juin 2022).

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