Duval, Rosalie (1736-1829), mère d’André Marie Constant Duméril, et sa famille

De Une correspondance familiale

Familles Duval, Bourgeois, Flament, Homassel, Leguay, Machart, Maressal, Quevauvillers, Raoul-Duval, Routhier, Vuatiné

La famille Duval est issue d’une lignée de notaires royaux et procureurs installés à Oisemont en Picardie, au moins depuis le XVIIe siècle. Lorsque François Jean Charles Duméril se trouve brutalement orphelin dès sa naissance en 1733, il est élevé par sa tante paternelle, Marie-Anne Duméril, épouse de Jean Dumont notaire et procureur à Oisemont, en compagnie de leur fils Nicolas, né en 1730 – ce Jean Dumont étant cousin germain des parents de Rosalie Duval (la mère d’André Marie Constant Duméril).

Rosalie Duval est fille de Anne Augustin Duval (1695-1746), procureur en la prévôté de Vimeu à Oisemont et de Marie Catherine Routhier (1701-1782), elle-même fille de Jean Baptiste Routhier, garde du roi et de Marie Routhier. Dans les lettres, autour de 1790, il est parfois fait allusion à des cousins Routhier (ou Routier).
Anne Augustin Duval et Marie Catherine Routhier ont six enfants :

1- Jean Baptiste Duval (1730-1811)

Frère aîné de Rosalie, Jean Baptiste est marié à Marie Leleu (1746-1796), qui appartient à une famille de négociants à Amiens. L’un et l’autre sont les parrain et marraine d’André Marie Constant Duméril. Ce dernier manifeste de l’attachement à celui qu’il appelle « mon oncle ». Il le mentionne souvent dans les formules de salutations à ses parents et, en tant que médecin, s’inquiète de sa santé lorsqu’elle se détériore à partir de 1809, et lui prodigue divers conseils. La tante est peu citée car elle décède en 1796. L’un de ses parents, M. Leleu, est en revanche cité dans les années 1809-1810. Sous l’Ancien Régime, Jean Baptiste Duval est avocat au bailliage présidial d’Amiens et il occupe à plusieurs reprises les fonctions d’échevin. La Révolution fait prendre à sa carrière un nouveau départ. En 1794, il est accusateur public auprès du tribunal révolutionnaire de la Somme. On le trouve ensuite juge au tribunal criminel d’Amiens, puis commissaire du pouvoir exécutif près les tribunaux civil et criminel de la Somme. Le Consulat en fait un juge au tribunal d’appel d’Amiens et l’Empire un conseiller à la cour d’appel du même lieu. Ce Duval est le grand-père de Charles Raoul Duval dit Raoul-Duval, gendre de Jean Baptiste Say.
Voir ci-dessous sa descendance.

2- Jean Joachim Martin Duval (1738-1792)

Deuxième frère de Rosalie, Jean Joachim Martin reprend l’étude paternelle à Oisemont. Il épouse MarieMadeleine Adélaïde Flament le 10 novembe 1767. Mais il disparaît trop tôt pour être mentionné dans les lettres, sauf au moment de sa mort et sous l’appellation de « mon oncle Duquesnel » (10 septembre 1792). Cet indice suggère que c’est cette branche de la famille qui est désignée sous le nom de Duquesnel, ou Duval-Duquesnel et en particulier Alexandre, fils de Joachim Martin. Sur les douze enfants de Joachim Martin Duval, seuls survivent :
-Alexandre Duval (1770-1836). Il se marie en 1794 avec Emérancienne Machart, évoquée par André Marie Constant Duméril dans une lettre à ses parents (9 mars 1794). Le couple a trois enfants, Marie, Alexandre et Amédée. Les deux premiers se marient en 1824 et la troisième en 1830. Alexandre junior épouse une cousine, Clémence Machart.
- Marie Marguerite Adélaïde Duval, née le 18 février 1772, qui épouse Frédéric Magnier.
- MarieAdélaïde CharlotteLucileDuval (née le 7 janvier 1781). Elle a un fils naturel, Antoine Théophile Duval, né à Oisemont le 12 décembre 1808. Antoine Théophile Duval, chanoine, vicaire général à Amiens, est l’auteur d’un Mémoire présenté à M. le ministre de l'Instruction publique, au nom des sociétés savantes de la France départementale, par la Société des antiquaires de Picardie (1851). Il est co-auteur avec le chanoine Louis Jourdain de plusieurs livres sur la cathédrale d’Amiens : Les Stalles de la cathédrale d'Amiens (1843), Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens, découvertes et expliquées par MM. Jourdain et Duval (1846). Sa lettre de condoléances à la veuve d’Auguste Duméril (20 mars 1871) est connue par une copie.

3- Rosalie Duval (1736-1829)

Mère d’André Marie Constant Duméril et épouse de Françoise Jean Charles Duméril, juge à Amiens. Après la mort de son mari en 1823, elle reste quelques années à Amiens avant de partir à Lille chez son fils Auguste Duméril où elle s’éteint en 1829.
« Son fils Constant lui ressemblait beaucoup pour les traits du visage, mais elle était d’une forte corpulence. C’est elle surtout qui s’est occupée de l’éducation de ses enfants. » (d’après les « Notes de Monsieur Auguste Duméril sur la vie de Monsieur Constant Duméril »)

4- Geneviève Duval    

(Euphrosyne) Geneviève Duval, la sœur de Rosalie, est mariée en 1777 à (François) Antoine de Quevauvillers (vers 1739-1811), procureur puis receveur de l'enregistrement à Oisemont ; il intervient dans les affaires familiales. Sans postérité. Antoine de Quevauvillers a une sœur, Marie Françoise de Quevauvillers, née en 1737, mariée avec N. Fruictier, laboureur à Poutrincourt, et un frère, Nicolas Antoine de Quevauvillers, né en 1739, chirurgien à Saint-Domingue.

5- Angélique Duval   

Sœur de Rosalie, elle épouse en 1765 Louis Leguay, notaire à Auxi-le-Château. Ils ont quatre filles :

- Basilice Leguay (1773-1826) qui épouse en 1801 Louis Defrance (1777-1839)

- (Marie Catherine) Pélagie Legay (1766 ?) qui épouse en 1794 Charles Vuatiné, avocat. Ils ont au moins un fils, Louis Charles Théodore Vuatiné (Watiné) (1797-1798) et deux filles : Charlotte Pélagie Vuatiné (1799-1871), qui épouse Florentin Bellard (né en 1804)

- Rosalie Leguay (1775-1850) qui épouse en 1814 Benoît Lesturgez (1775-1854)

- Scolastique Leguay (1778-1864) qui épouse Antoine Loir (1771-1868).

6- Basilice Duval

La « tante Basilice » est la plus jeune sœur de Rosalie ; elle est célibataire.

***

Augustin Duval (1774-1848)

Fils de « mon oncle » Jean Baptiste et né la même année qu’André Marie Constant Duméril, Augustin est conseiller à la cour d’Amiens. Il épouse en 1801 Flore Maressal(née en 1780, décédée en 1870 après un internement d’une vingtaine d’années), fille de Jean François Philibert Maressal, propriétaire cultivateur et maire de Crouy, et de Marguerite Homassel. On peut noter le lien de parenté entre Flore et Constance Maressal qui épouse Louis Say en 1809 à Abbeville, mais qui est la fille de Charles Maressal, propriétaire et de Marie Opportune Homassel. Augustin Duval reste en relations étroites avec son cousin qui intervient en sa faveur (auprès de Dejean en 1803 puis en 1807 dans une affaire de poste mis en concurrence avec un certain Caumartin) et le mentionne souvent dans ses lettres, l’appelant familièrement Duval tandis qu’Alphonsine, plus distante, emploie la formule de M. et Mme Duval ou mon cousin et ma cousine Duval. Augustin voyage assez souvent entre Paris et Amiens, ou encore à Lille pour diverses démarches. Son épouse peut être également chargée de commission, par exemple en 1818, elle transporte une caisse qui renferme plusieurs exemplaires du portrait paternel gravé par Boilly, qu’André Marie Constant Duméril offre aux divers membres de la famille et en particulier à Duval Duquesnel, Barbier et Bertera.
Le couple Augustin Duval-Flore Maressala quatre enfants :
- Alfred Duval (1805-1810)
- Charles Edmond Raoul Duval (1807-1893), président de la cour d’appel de Bordeaux, il épouse OctavieSay dite Fanny en 1830[1] (Ses descendants prendront le nom de Raoul-Duval et resteront en relation avec les descendants de Duméril)
- Octavie Duval (1808-1884) épouse en 1823 Hippolyte Bourgeois. Leur fille aînée, Caroline, épouse, le 14 février 1854, Jules Lachaussée, directeur du Télégraphe à Amiens et ancien élève de l'Ecole Centrale ; sa sœur Maria épouse (autour de 1851) M. de Wazèmes ; ils ont un fils et une fille
- Léonide Duval (1814-1885) épouse en 1832 Alphonse Dupont.

Notes

  1. « On peut dire que l’alliance d’Octavie Say avec Charles Raoul Duval est un mariage d’amour. Les circonstances ne sont pas dépourvues d’un certain romanesque. Autour de ses quinze ans, Charles Raoul Duval est envoyé poursuivre ses études dans une institution parisienne. André Marie Constant Duméril, alors directeur du Jardin des plantes, accepte d’être le correspondant du jeune homme qui est son petit-cousin par sa mère : il le reçoit les jours de sortie, le jeudi et le dimanche. Comme toute la famille Say, Octavie dite Fanny est familière du foyer des Duméril. Un jour, Charles Raoul la rencontre. Ils se revoient. Ils se plaisent. Bientôt les deux jeunes gens filent le parfait amour sous les ombrages du Jardin des plantes. En dépit de ses dix-neuf ans tout juste atteints, Charles Raoul écrit à son père pour lui faire part de son intention d’épouser Mlle Say. Le conseiller à la cour d’Amiens prend assez mal la chose. Son fils est bien trop jeune : il n’a pas d’état. Surtout, le père de la demoiselle, Jean Baptiste Say, pour célèbre qu’il est, ne possède pratiquement aucune fortune, alors que les Duval ont passablement de bien. Et puis les Say sont protestants et les Duval catholiques. L’amour est le plus fort. Après quatre ans de lutte, Charles Raoul Duval épouse sa Fanny et, qui plus est, devant un pasteur protestant : M. Juillerat, un parent des Say. Charles Raoul demeure lui-même catholique mais ses enfants sont élevés dans la religion de leur mère. » in Joseph Valynseele, Les Say et leurs alliances. L’étonnante aventure d’une famille cévenole, 1971, note 10, page 59.

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Pour citer cette page

« Duval, Rosalie (1736-1829), mère d’André Marie Constant Duméril, et sa famille », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), URI: https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Duval,_Rosalie_(1736-1829),_m%C3%A8re_d%E2%80%99Andr%C3%A9_Marie_Constant_Dum%C3%A9ril,_et_sa_famille&oldid=42714 (accédée le 7 juillet 2022).

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