Mardi 28 juin 1831

De Une correspondance familiale

Lettre (incomplète ?) d’Alphonsine Delaroche (Paris) à son fils Louis Daniel Constant Duméril (Le Havre)

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Je comprends d’après de que tu me dis que la société des Demoiselles Delessert a dû fort égayer la maison de ton Oncle[1], et vraiment ce voyage en Angleterre est une chose bien curieuse par sa promptitude. J’ai reçu le samedi-même la jolie boîte qu’elles se sont chargées de porter à Paris, j’ai écrit l’autre jour à ta cousine pour lui faire tous mes remerciements pour ce cadeau et lui dire notre admiration pour ce travail particulier et délicat fait avec beaucoup de goût. Je te remercie beaucoup mon cher Constant pour les pantoufles brodées par Elise[2] dont tu me fais cadeau, mais n’aurais-tu pas pu les faire faire pour toi, vois si tu voudrais que je les fisse faire pour ton pied, pense à me répondre là-dessus. N’oublie pas non plus s’il est possible, ce que tu as déjà très bien oublié, malgré mes recommandations, c’est de parler à M. Latham des quatre livres de chocolat réclamées chez Marquis.

Parle-moi un peu de tes occupations de commerce, parle-moi aussi de ton Oncle, et de la manière d’être qu’il a avec toi, je pense qu’elle est toujours bien amicale et confiante et qu’il aime toujours bien à t’avoir sous la main pour les choses qui demandent particulièrement du raisonnement. fais-lui mes tendres amitiés ainsi qu’au reste de la famille. Tu en as de ma tante[3], qui m’en a chargée quand elle a su que j’allais t’écrire. Elle se porte très bien et tous les jours se dit souffrante et se fâche parce qu’on lui dit qu’elle a bonne mine, elle devient toujours plus apathique et se livre beaucoup plus qu’il ne faudrait à l’attitude étendue, qui l’affaiblira encore plus.

On a de bonnes nouvelles du ménage < > ma correspondance avec Octavie[4] est loin d’être active ; cependant je lui ai écrit l’autre <jour que> Mme Comte[5] n’est pas très bien portante, elle est dans le cas de se soigner un peu < > que toute la maison H. Say et Chevreux est à la campagne, ce qui fait que nous ne verrons pas les Horace[6] cet été. Ton frère[7] se lie toujours plus avec son cousin Auguste[8] qui est vraiment tout à fait bien et a une instruction utile à celle de ton frère. Eugène[9] vient nous voir souvent quoiqu’il travaille beaucoup, mais il a fréquemment des maux de tête ce qui est bien incommodant. M. Edouard B. t’aura parlé de lui, ils ont fait des courses ensemble la veille de son départ. Adieu mon très cher enfant, ta mère tendre et dévouée

Ton père[10] et Auguste t’envoient leurs tendresses

Ainsi Tu auras 23 ans[11] lorsque tu recevras cette lettre

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Notes

  1. Michel Delaroche.
  2. Pauline Elise Delaroche épouse de Charles Latham.
  3. Elisabeth Castanet.
  4. Octavie Say, épouse de Charles Edmond Raoul-Duval.
  5. Adrienne Say épouse de Charles Comte.
  6. La famille d’Horace Say, marié à Anne Chevreux.
  7. Auguste Duméril.
  8. Charles Auguste Duméril.
  9. Eugène Defrance.
  10. André Marie Constant Duméril.
  11. Louis Daniel Constant Duméril est né le 26 juin 1808.

Notice bibliographique

D’après l’original

Annexe

Monsieur Constant Duméril

chez Monsieur Delaroche

au Havre

Pour citer cette page

« Mardi 28 juin 1831. Lettre (incomplète ?) d’Alphonsine Delaroche (Paris) à son fils Louis Daniel Constant Duméril (Le Havre) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_28_juin_1831&oldid=40932 (accédée le 14 août 2022).

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