Vendredi 7 octobre 1910

De Une correspondance familiale



Carte-lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Brunehautpré), à son fils Louis Froissart (Douai)


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Brunehautpré, 7 Octobre

Mon cher Louis,

Je pense que tu seras content d’avoir, sans trop tarder, des nouvelles de Brunehautpré. Ton papa[1] est revenu seulement aujourd’hui de l’enterrement de tante Louise[2]. Il a vu à Launay les de Fréville, le père, la mère, Robert et Françoise[3]. Il y avait peu de monde paraît-il. J’ai retrouvé les fillettes[4] sages et bien portantes et enchantées de me revoir. Elles ont été plus contentes encore le lendemain en voyant revenir leur petite maman chaïe[5].

Nous sommes invités à dîner en grand tralala chez le cousin Lefebvre[6] le 18. Nous acceptons mais ton papa se demande s’il ne sera pas plutôt à Lille ce jour-là pour l’examen de Michel[7]. Jacques[8] a vu hier tes frères[9] à Boulogne où il est allé essayer un vêtement et voir le dentiste. Je pense qu’ils viendront passer leur Dimanche ici.

Tu vois que la Frau Veckbecker ne t’oublie pas.

T’ai-je dit que le mariage de Germaine[10] était décidément fixé au 29 Octobre ?

Quel jour pourras-tu sortir ? Ta tante Madeleine[11] s’est offerte à te recevoir si nous ne pouvions pas aller à Douai pour te faire sortir.

La fille d’Ulysse[12] est entrée en fonctions Mercredi matin et paraît déjà très bien acclimatée, elle est énorme et fait paraître Jeanne[13] encore plus petite.

Ne tarde pas à nous envoyer de tes nouvelles et à nous communiquer tes impressions de rhétoriciens ; il me semble que l’on franchit un grand pas quand on entre dans cette année solennelle qui se termine par un examen.

Je te quitte pour écrire encore des tas de lettres et l’heure s’avance.

Je t’embrasse tendrement, cher petit. Reçois les amitiés de tous.

Émilie


Notes

  1. Damas Froissart.
  2. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  3. Marcel de Fréville, son épouse Marie Mertzdorff et deux de leurs cinq enfants : Robert et Françoise de Fréville.
  4. Anne Marie et Suzanne Degroote (2 ans et 1 an), filles de Lucie Froissart et Henri Degroote.
  5.   « maman chérie ».
  6. Gaston Lefebvre, époux de Marguerite Froissart.
  7. Michel Froissart.
  8. Jacques Froissart.
  9. Michel et Pierre Froissart.
  10. Germaine Legrand épouse Alphonse Painthiaux, tous deux employés par les Froissart à Douai.
  11. Tante Madeleine non identifiée.
  12. Hypothèse : Félicie Levecque, fille du charron Ulysse Levecque  et Marie Verjot, qui épouse Fernand Catillon en 1919.
  13. Jeanne Veillet, employée chez les Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Vendredi 7 octobre 1910. Carte-lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Brunehautpré), à son fils Louis Froissart (Douai) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_7_octobre_1910&oldid=56447 (accédée le 9 août 2022).

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