Vendredi 21 février 1879

De Une correspondance familiale


Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


original de la lettre 1879-02-21 pages 2-3.jpg original de l'enveloppe 1879-02-21.jpg


Paris 21 Février 79.

Mon Père chéri,

J’arrive de chez M. Flandrin[1] et vite, vite avant l’heure de la poste je veux venir t’embrasser et te dire qu’Emilie[2] continue à aller très bien ; comme nous avons un temps abominable de vent et de rafale tan et qu’elle était encore un peu enrouée tante[3] a préféré qu’elle ne se lève pas, mais Marthe[4] et Jeanne B.[5] sont venues avec leur ouvrage s’installer auprès d’elle et elles ont passé leur journée à causer et à rire très agréablement, elle a l’air enchantée.
Je viens de terminer une tête qui m’a donné bien du mal, je me réjouis de te la montrer quand donc sera-ce que j’aurai ce plaisir-là ?

Hier soir nous avons été chez Mme Delisle[6] (la soirée ennuyeuse que je t’avais annoncée) et mes prévisions se sont réalisées car les demoiselles Fernet[7] n’y étaient pas. Je crois avoir découvert une dame qui pourrait bien être Mme Seillière[8] mais seulement je croyais que Mme S. avait l’air distingué mais celle-là avait des cheveux sur le nez et ressemblait au dire d’oncle[9] à une cuisinière.

Ce soir nous irons à l’observatoire[10] où l’on dansera ; quel malheur que la petite ne puisse pas venir avec moi ! elle n’a vraiment pas de chance !

Pardon mon Père chéri de t’écrire si vite j’aurais dû penser ce matin que je ne rentrerais que tard mais enfin je t’ai dit le principal, tu sais que tu ne dois pas te tourmenter puisque voilà la petite Mumele tout à fait bien, elle se joint à moi pour t’embrasser de tout notre cœur. A demain une plus longue causerie.
Ta fille
M.


Notes

  1. Marie Mertzdorff fréquente l’atelier du peintre Paul Flandrin.
  2. Emilie Mertzdorff (« la petite », « Mumele »), sœur de Marie.
  3. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  4. Marthe Pavet de Courteille.
  5. Jeanne Brongniart.
  6. Laure Burnouf, épouse de Léopold Delisle.
  7. Probablement les trois aînées : Jeanne Pauline, Angélique Émilie Marguerite Victoire et Amélie Henriette Mathilde Fernet.
  8. Nathalie de Laborde, épouse de Frédéric Seillière.
  9. Alphonse Milne-Edwards.
  10. Voir la lettre du 23 février 1879.

Notice bibliographique

D’après l’original

Annexe

Monsieur Mertzdorff
Vieux-Thann
Haute-Alsace 11

Pour citer cette page

« Vendredi 21 février 1879. Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_21_f%C3%A9vrier_1879&oldid=42545 (accédée le 20 août 2022).

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