Samedi 15 juin 1878

De Une correspondance familiale


Lettre d’Emilie et Marie Mertzdorff (Paris) à leur père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


original de la lettre 1878-06-15 pages 2-3.jpg


Samedi 15 Juin 1878

Mon père chéri, chéri,

Nous avons reçu ta bonne lettre ce matin, elle était très attendue et nous en espérions même une plus tôt aussi lui a-t-on fait une grande fête.

Je n’ai pas beaucoup de temps pour t’écrire parce que nous devons aller chez tante Cécile[1] avant le cours d’anglais. Hier nous avons passé une bonne journée avec Paulette[2] et Marie Flandrin à la réunion de Mlle Viollet et je t’assure que nos quatre langues ne se sont pas beaucoup reposées.
Nous avons été ensuite chez Mlle Bosvy[3] pour la prier de revenir et elle nous a déjà donné une leçon aujourd’hui. Il est convenu qu’elle ne me donnera pas beaucoup à travailler afin que je puisse coudre, car tante[4] veut que nous taillions et apprêtions nous-mêmes beaucoup de choses de pauvres et nous allons profiter de cet été où nous n’avons plus de cours. Jeudi nous avons été à l’exposition avec oncle et tante nous [avons] vu plusieurs galeries de l’exposition rétrospective au Trocadéro mais il faudrait des journées pour examiner tout cela car c’est superbe ; j’espère que lorsque bon-papa[5] ne souffrira plus autant de sa jambe, il nous y accompagnera car ce sera encore plus intéressant. Bon-papa et bonne-maman[6] sont partis aujourd’hui pour Montmorency où ils passeront la journée de demain ; c’est te dire qu’ils ne vont pas mal.

Marie[7] vient déjà me chercher pour partir, il faut donc que je me dépêche d’écrire.

Hélas oui, mon Père chéri, il est l’heure de partir, je ne sais vraiment pas comment nous avons pu nous mettre si en retard mais sans cela nous manquerons le cours d’anglais : pardonne-nous et demain nous tâcherons de réparer par une plus longue épître. Merci pour ta lettre que nous attendions avec grande impatience.   

Tes deux filles t’embrassent comme elles t’aiment, et aussi fort qu’elles peuvent.   
M. et E. Mertzdorff   
étourdie majore    
étourdie juniore


Notes

  1. Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas
  2. Paule Arnould.
  3. Marguerite Geneviève Bosvy.
  4. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (« oncle »).
  5. Jules Desnoyers.
  6. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  7. Marie Mertzdorff, sœur d’Emilie.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Samedi 15 juin 1878. Lettre d’Emilie et Marie Mertzdorff (Paris) à leur père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_15_juin_1878&oldid=35363 (accédée le 19 août 2022).

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