Mercredi 6 octobre 1875 (A)

De Une correspondance familiale


Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


orignal de la lettre 1875-10-06A pages 1-4(avec reprises ultérieures).jpg orignal de la lettre 1875-10-06A pages 2-3(avec reprises ultérieures.jpg


Du cours Mercredi 6 Oct.

Mon cher Charles, je vous écris du cours pendant que Mlle Viollet fait sa leçon ; vous voyez qu’il n’y a pas eu de temps de perdu car il n’est encore que midi ½.

Notre voyage s’est parfaitement passé ; nous avons pu conserver l’excellent wagon-lit jusqu’à Paris et on a eu l’amabilité de ne laisser monter personne [ ] dans notre compartiment. Marie et Emilie[1] ont parfaitement dormi (ainsi que moi) pendant toute la nuit aussi ne paraissent-elles pas trop fatiguées.

Nous avons de suite trouvé un omnibus en arrivant et à 6h ¾ nous étions à la maison, nous avons défait les caisses puis nous avons déjeuné, sommes allées chez bonne-maman Trézel[2] et Mme Dumas[3] en allant au cours. Nous allons tous parfaitement et ne nous doutons pas que nous avons passé la nuit en voyage. Il fait un temps magnifique ce qui nous fait grand plaisir pour vos vendangeurs.

Papa[4] a bonne mine, il m’a dit que maman[5] allait également bien, il ira la retrouver Vendredi pour revenir tous 2 vers le 15.

J’ai interrompu mon griffonnage pour écouter la leçon. J’espère beaucoup que ce cours intéressera Marie car il est très bien fait, elles sont cinq seulement, ce qui permettra aux professeurs de s’occuper plus spécialement de chaque élève.

Je ne puis rien vous dire sur le cours d’Emilie car elle est en bas et je suis en haut ; j’irai près d’elle pendant la seconde partie ; elle n’est du reste pas en pays perdu car j’ai aperçu Paule[6], Henriette[7] &&

En ce moment Marie est au tableau et fait un problème sous la direction de Mlle Bosvy, vous voyez que tout va bien et que si on n’avait pas le regret de vous avoir quitté on reprendrait avec plaisir la vie de travail mais je vous assure que la pensée que vous êtes loin de vos chères filles et que c’est moi qui les emmène me trouble. Il serait si bon de pouvoir vivre tous ensemble.

Adieu, mon cher Charles, pardon de vous écrire au crayon mais je n’ai pas autre chose et je tiens à vous envoyer des nouvelles et toutes nos amitiés.

AME


Notes

  1. Marie et Emilie Mertzdorff, filles de Charles Mertzdorff.
  2. Auguste Maxence Lemire, veuve de Camille Alphonse Trézel.
  3. Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  4. Jules Desnoyers.
  5. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  6. Paule Arnould.
  7. Henriette Baudrillart.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mercredi 6 octobre 1875 (A). Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_6_octobre_1875_(A)&oldid=35221 (accédée le 14 août 2022).

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