Mercredi 17 mai 1876

De Une correspondance familiale


Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


original de la lettre 1876-05-17 pages 1-4.jpg original de la lettre 1876-05-17 pages 2-3.jpg


Paris le 17 Mai 1876.

Mon Père chéri,

Nous avons été bien contentes hier en recevant ta bonne lettre mais juge de notre surprise en apprenant que tu avais été par Nancy Strasbourg ! j’espère que ce surcroît de chemin ne t’aura pas trop fatigué et que ton voyage aura été utile.

Il est midi et demie, Tante[1] et Emilie[2] viennent de partir au cours ; je devais les accompagner mais comme il fait encore du vent on a préféré que je ne sorte pas, mon rhume dure encore et hier tante a fini par se passer la fantaisie qu’elle désirait tant déjà lors de mon autre rhume ; elle m’a mis un emplâtre, M. Dewulf[3] lui ayant dit que cela ne pourrait jamais me faire de mal.

Rien de bien extraordinaire depuis que je t’ai écrit. Lundi en rentrant nous avons eu la visite de bon-papa et de bonne-maman Duméril[4] puis tante est allée chez Mme Pavet[5] et nous sommes remontées faire dessin et piano.

Hier Mardi nous avons été à la messe puis après le déjeuner MllePoggi[6] est venue et pendant la leçon d’Emilie j’ai dessinné (est-ce que je ne saurais plus l’orthographe ? Je vois que Mlle Bosvy[7] a raison de me faire faire encore des dictées) et 2h Mlle Bosvy est arrivée et j’ai repris recommencé à travailler mais elle m’a donné si peu à faire que c’est à peine si j’ose en parler j’espère bien qu’elle va augmenter ses doses. Mme Lima[8] est arrivée par surcroît au lieu de Vendredi dernier, de sorte que nous avons été prises toutes deux et au même moment entrent tante Adèle[9] et sa petite Louise[10], Mme Sauvel et sa fille[11] et un peu plus tard Mme Lafisse[12] et Hortense[13] ; heureusement que ma leçon a fini assez à temps pour que je voie ces dernières et tante Adèle a eu la bonté de me laisser Alexandrine[14] avec sa petite avec Alexandrine qui de cette façon a été extrêmement sage et le soir elle a bien voulu venir dîner avec nous et car tante avait déjà invité bon-papa, bonne-maman et tante Eugénie[15]. La soirée s’est très-bien passée, malheureusement tante Adèle a été forcée de nous quitter à 7h1/2 pour ne pas manquer son train. Bonne-maman était très-fatiguée elle est tout à fait reprise de son indisposition et avait bien mauvaise mine j’espère qu’elle ne sera pas sortie aujourd’hui. Quant à bon-papa il tousse toujours, mais il va bien.

Ce pauvre Krab[16] est toujours bien malade ; hier il paraissait mieux il a eu la visite de son vétérinaire mais aujourd’hui il est plus mal ; c’est une sorte de fluxion de poitrine qu’il a, causée probablement par plusieurs bains froids qu’il a pris ayant très-chaud et je crains bien qu’il ne s’en remette pas ; son pauvre maître le craint aussi de sorte qu’il est tout triste depuis quelques jours car il s’était beaucoup attaché à ce chien qui au reste le lui rendait bien.

Je te remercie bien de tes excellents bonbons j’en consomme beaucoup et comme Emilie m’aide je vais bientôt être au fond du sac.

Les Lafisse partent la semaine prochaine pour Louveciennes. Du reste je crois que la campagne va être bien agréable maintenant car le temps a l’air de vouloir se mettre au beau sérieusement.

Je crois que nous allons très-prochainement commencer l’anglais tante doit en parler à Mme Audouin[17] la première fois qu’elle la verra hier elle était sortie peut-être aujourd’hui la rencontrera-t-elle au cours. Je me réjouis beaucoup. Cet enthousiasme durera-t-il espérons-le.

Adieu, mon Père chéri, je t’embrasse de toutes mes forces.
Marie Mertzdorff


Notes

  1. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  2. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  3. Le docteur Louis Joseph Auguste Dewulf.
  4. Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril.
  5. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  6. MllePoggi, professeur de piano.
  7. Marguerite Geneviève Bosvy, professeur d’arithmétique et de français.
  8. Mme Lima, professeur d’allemand.
  9. Adèle Duméril, épouse de Félix Soleil.
  10. Louise Soleil, filleule de Marie.
  11. Amélie Martin, veuve d’Étienne Alexis Sauvel, et Marie Sauvel.
  12. Constance Prévost, épouse de Claude Louis Lafisse.
  13. Hortense Duval, nièce de Constance Prévost-Lafisse et filleule d’Aglaé Desnoyers-Milne-Edwards.
  14. Alexandrine, domestique.
  15. Eugénie Duméril, veuve d’Auguste Duméril et mère d’Adèle.
  16. Krab, le chien d’Alphonse Milne-Edwards.
  17. Antoinette Silvestre de Sacy, épouse de Paul Audouin.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mercredi 17 mai 1876. Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_17_mai_1876&oldid=41160 (accédée le 17 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.