Mercredi – début juin 1821

De Une correspondance familiale

Lettre d’Alphonsine Delaroche (Sceaux) à son mari André Marie Constant Duméril (Paris)

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255 B

Juin 1821

mercredi matin[1]

Je viens te dire deux mots de bonjour mon cher ami, et t’envoyer une petite note à remettre à françoise[2]. Cette continuation du mauvais temps nous parait un peu triste, pourtant Octavie[3] nous témoigne qu’elle est fort contente malgré cela, et vraiment notre temps se passe assez bien ; L’occupation nous est à tous d’une grande ressource ; Auguste[4] tout en faisant bien des petits devoirs trouve le temps de se donner bien du mouvement dans le jardin. Nous avons été hier matin, Octavie et moi faire notre invitation pour jeudi aux familles De Carondelet et defrance laquelle a été acceptée.

Cette pauvre bonne amie[5] avait passé la nuit du lundi au mardi presque complètement blanche, aussi était-elle hier fort mal à son aise ; je crois qu’elle a vraiment perdu un ami très sûr, qui savait bien connaître tout ce qu’il y a d’aimable en elle. Il est venu ce matin pour toi une invitation pour le convoi qui aura lieu seulement demain matin à dix heures. Le sous-préfet de Nogent[6] est arrivé hier soir avec sa femme.

Nous avons passé la soirée d’hier chez Mme Defrance. Je crains bien que nous ne puissions pas plus nous promener aujourd’hui que les autres jours.

Je voudrais bien savoir que tu n’auras point eu la migraine hier, et que tu n’auras pas été trop fatigué de tes nuits courtes. Je te prie bien de ne pas oublier de faire cheminer Louis[7] pour trouver une de ses planches rayées pour la porte du salon ; comme on sera peut-être dans le cas de la commander je joins ici la mesure de la largeur de la porte. Adieu mon bon ami ; J’ai eu bien froid cette nuit et il me semblait que si tu avais été là, cela n’aurait pas été de même.

Je t’embrasse et t’aime tendrement

A. Duméril

J’aimerais bien que demain tu pusses nous apporter un peu de poisson bien frais pour le dîner.

N’oublie pas de parler à françoise de venir dimanche si cela lui fait plaisir.

la largeur de la porte vitrée est de 3 pieds 10 pouces 3 lignes.


Notes

  1. Depuis le 2 juin, Alphonsine, ses fils et sa tante Elisabeth Castanet sont installés à Sceaux, où son mari André Marie Constant Duméril les rejoint les jeudis, samedis et dimanches.
  2. Françoise, domestique chez les Duméril.
  3. Octavie Say.
  4. Auguste Duméril, leur fils.
  5. Suzanne de Carondelet.
  6. Charles dit Théodore de Vieil Castel est sous-préfet de Nogent-sur-Seine (arrondissement de Sceaux) d’août 1818 à juin 1821. L’« ami très sûr » dont il est question dans ce paragraphe est sans doute son père, Charles Salviac de Viel Castel.
  7. Louis, domestique chez les Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Madame Duméril Delaroche à son mari, p. 21-22)

Annexe

A Monsieur

Monsieur C. Duméril,

Professeur à l’Ecole de Médecine, Membre de l’Institut, chevalier de la légion d’honneur,

rue du faubourg Poissonnière n° 3, à Paris.

Pour citer cette page

« Mercredi – début juin 1821. Lettre d’Alphonsine Delaroche (Sceaux) à son mari André Marie Constant Duméril (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_%E2%80%93_d%C3%A9but_juin_1821&oldid=56187 (accédée le 12 août 2022).

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