Mardi 8 mai 1877 (A)

De Une correspondance familiale

Lettre de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa fille Marie Mertzdorff (Paris)

original de la lettre 1877-05-08A pages 1-4.jpg original de la lettre 1877-05-08A pages 2-3.jpg


Mardi 8 Mai 77.[1]

Ma chère Marie

Ta bonne lettre d’hier était la bienvenue, car c’est toujours une grande satisfaction pour le papa de savoir une fois de plus qu’il n’est pas oublié & que ses filles[2] l’aiment toujours malgré les 600 kilomètres qui les séparent.

Bon-papa[3] depuis 2 jours vient régulièrement 3 à 4 fois par jour pour s’informer des nouvelles de ses enfants[4]. Dimanche, puis hier, puis aujourd’hui l’on attend ces vagabonds & rien même pas un petit mot, de sorte que l’on ne sait rien d’eux depuis plus de 8 jours. Cependant ils ne peuvent pas tarder à rentrer. M. H Stackler[5] devait quitter sa mère[6] aujourd’hui même pour rentrer à son hôpital. Tout cela se disait il y a 8 jours à Mulhouse ce qui s’y fait nous n’en savons rien.

Les grands-parents[7] n’y tiennent plus & je ne serais pas étonné d’apprendre que l’on est allé à Mulhouse aujourd’hui chercher des nouvelles. Il vont bien cependant bonne-maman n’a pas bonne mine, j’ai dîné chez elle dimanche & passé une partie de l’après dîner. Cependant ils ne craignent pas la locomotion & un petit voyage à Mulhouse n’est rien pour eux.

Il est 11h ½ & pendant que je t’écris Léon arrive, laissant sa femme à Mulhouse il nous dit que son beau-frère est malade à Mulhouse d’un abcès dans la bouche. c’est affaire de quelques jours encore. Marie va très bien nous assure Léon, ils viendront très probablement demain s’installer chez moi. Pendant tout son voyage il n’a eu qu’une ½ journée de pluie & cela à leur retour ; aussi ont-ils bien joui de leur séjour à Nice. mais par contre ils n’ont donné que 3 à 4 jours à toute l’Italie, voyage compris.

J’ai reçu une lettre des Paul Nicolas[8], ces amis vont bien, mais ne me donnent aucun détail sur la santé de leur gendre[9].

Rien de particulier d’ici, nous sommes toujours très occupés, mais les nouvellesconstructions n’avancent pas c’est désolant. Depuis 8 jours je crois toujours que le lendemain je puis mettre quelques parties en train & forcé de remettre au lendemain. l’on n’en finit pas avec ces mille détails de la fin. Quant au logement[10] il va encore moins presto encore. il n’y a pas d’ouvriers en ce moment. Avant trois mois c’est à dire fin Juillet ou Août il n’est pas question qu’ils y entrent.

La femme Naegelen, la fille d’Antoinette qui venait quelquefois dans la maison & dont tu dois te souvenir vient de mourir ce matin. C’était une excellente femme, des gens qui prospéraient & il reste 3 ou 4 petits Enfants.

Thérèse[11] avait une lessive la semaine dernière elle a Emilie[12] pour les raccommodages puis elles se mettront au repassage. tout cela se fera sans personnes étrangères dans la maison, ce qui a aussi son agrément. Je ne sais pas si Marie[13] viendra de suite avec sa femme de chambre[14]. Ce ne sera [pas] peu que de faire accorder ce nouvel élément avec l’ancien.

Le 16 j’ai une réunion à Mulhouse à laquelle je tiens à assister ce ne sera donc qu’après, vers le 18, 19 que j’aurai le plaisir de vous embrasser ce qui me tarde bien car voila déjà 4 semaines que vous m’avez laissé tout seul & je trouve que c’est un peu long.
Vous allez donc vous tenir prêtes pour le voyage de Nancy que nous ferons de suite en arrivant à Paris.

Voilà les affaires politiques qui se compliquent de plus en plus. Pour qui a 5 à 600 ouvriers la perspective n’est pas gaie !

Embrasse bien tante & Oncle[15] pour moi, n’oublie pas Marthe[16] & Jeannot[17], bons baisers à ta sœur[18] & pour toi de ton père qui t’aime.


Notes

  1. Papier à en-tête : CHARLES MERTZDORFF
  2. Marie et Emilie Mertzdorff.
  3. Louis Daniel Constant Duméril.
  4. Léon Duméril et son épouse Marie Stackler, en voyage de noces.
  5. Henri Stackler, frère de Marie.
  6. Marie Stéphanie Hertzog, veuve de Xavier Stackler.
  7. Les grands-parents de Marie Mertzdorff : Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril.
  8. Paul Nicolas et son épouse Stéphanie Duval.
  9. Jean François Laroze.
  10. Le logement pour les jeunes mariés.
  11. Thérèse Neeff, employée par Charles Mertzdorff.
  12. Émilie Sussenthaller.
  13. Marie Stackler-Duméril.
  14. Possiblement Geneviève.
  15. Aglaé Desnoyers et son époux Alphonse Milne-Edwards.
  16. Marthe Pavet de Courteille.
  17. Jean Dumas.
  18. Emilie Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mardi 8 mai 1877 (A). Lettre de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa fille Marie Mertzdorff (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_8_mai_1877_(A)&oldid=41052 (accédée le 18 août 2022).

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