Mardi 22 juillet 1800, 3 thermidor an VIII

De Une correspondance familiale

Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à son père François Jean Charles Duméril (Amiens)

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n° 125

Paris le 3 Thermidor de l’an 8

Vous attendez sans doute avec bien de l’impatience le résultat des démarches que nous avons faites ici. je vais vous en donner le détail. Vous savez, par ma dernière, que le ministre[1] était déjà préparé par ce que lui avait dit quelques jours auparavant le cousin Dumont[2]. le jour même de la réception de votre lettre nous nous sommes rendus tous trois chez le cousin, il était trop tard pour pouvoir faire sur papier timbré la pétition nécessaire, nous lui avons remis une note, il s’est chargé de la rédiger et de la remettre lui-même au ministre le lendemain. cependant par circonstance il n’a pu la remettre que le huit. vous en trouverez ci-joint copie.

Le ministre a très bien reçu le cousin avec lequel il s’est entretenu de votre affaire plus d’un quart d’heure. Il avait parfaitement retenu votre nom. il savait déjà la mort de M. Hallot. il a averti que des démarches avaient été déjà faites entre autres pour un citoyen Dupuis ; mais qu’il tenait à sa première opinion et qu’il n’en changerait pas. Le cousin aurait voulu obtenir que vous soyez présenté seul au consul, mais il lui a répondu qu’il était obligé de présenter tous les candidats dont plusieurs avaient été portés sur la première liste. Quant au moment où se fera cette présentation il sera peut-être un peu éloigné parce que dans ces remplacements pour démission ou décès on suit le même ordre que pour la nomination et l’on n’en est encore qu’au département de l’Hérault. J’ai vu le citoyen Chaptal. je suis convenu avec lui d’aller le prévenir lorsque le travail devra être porté au Citoyen Cambacérès chez lequel il m’a promis d’aller le jour même, il le préviendra cependant d’abord. Duméril[3] a vu aussi le Ministre il paraît qu’il lui a avoué qu’il avait été surpris sur le rapport qu’on lui a fait que le Citoyen Duméril, quoique très instruit, était trop jeune pour être président et que d’ailleurs il était sourd.

Vous me trouverez aujourd’hui bien bavard ; mais j’ai cru que tout cela vous intéresserait, vous me saurez aussi j’espère quelque gré de ma peinture. j’écris gros et lisiblement pour vous éviter la peine que vous devez avoir bien souvent à me déchiffrer.

Je ferai mon possible pour aller à Amiens sous un mois. Auguste[4] m’accompagnera probablement. Duval[5] m’a trouvé moins maigre : n’allez pas croire que je sois gras ; vous me trouverez à peu près le même ; quant à mon amitié pour vous vous savez que rien ne peut l’altérer.

Embrassez pour moi maman[6] en attendant que je puisse le faire moi-même.

Votre fils C. Duméril.


Notes

  1. André Joseph Abrial, ministre de la Justice, a succédé en décembre 1799 à Cambacérès, devenu deuxième consul.
  2. André Dumont.
  3. Jean Charles Antoine dit Duméril, frère d’André Marie Constant Duméril.
  4. Auguste (l’aîné), frère d’André Marie Constant Duméril.
  5. Il s’agit peut-être de son cousin Alexandre Duval (1770-1836).
  6. Rosalie Duval.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril, 2ème volume, p. 76-78). Cette lettre était accompagnée de la copie d’une pétition au ministre (disparue).

Pour citer cette page

« Mardi 22 juillet 1800, 3 thermidor an VIII. Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à son père François Jean Charles Duméril (Amiens) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_22_juillet_1800,_3_thermidor_an_VIII&oldid=39248 (accédée le 4 octobre 2022).

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