Mardi 10 juillet 1917

De Une correspondance familiale

Lettre de Guy de Place (mobilisé) à Jacques Meng (Fellering)

original de la lettre 1917-07-10 page 1.jpg original de la lettre 1917-07-10 page 2.jpg


Reçu le 15.7.1917
Répondu le 27 Juillet 1917
écrit à Sarrazin le 16/7/17

Le 10 Juillet

Mon cher Monsieur Meng

J’ai reçu coup sur coup vos lettres des 4 et 6 Juillet ; pour Sarrazin il n’y a rien à faire en ce moment. Vous allez simplement lui accuser réception de sa lettre, et vous ajouterez : « M. de Place estimant que les circonstances ne lui permettent pas de prendre en ce moment les mesures que comportent cet incident et votre refus d’exécuter un ordre signé de lui, me charge de vous dire qu’il en remet à une époque ultérieure l’exécution des décisions qu’il sera obligé de prendre ». Pas un mot de plus.

Entendu pour CMC[1]. Acceptez le règlement.

Pour J. Burgunder il me semble que s’il peut faire en une matinée ce qu’il faisait autrefois en une journée, c’est qu’il ne s’éreintait vraiment pas. Si la banque l’occupe, comme nous une demi-journée, elle peut lui donner le même salaire, ce qui fera 200 francs, si nous donnons 100. Il me semble que donner 150F au lieu de 50 à un employé qui ne sera plus qu’à moitié à notre service, serait tout simplement prendre à notre charge les employés d’Oscar Rebert ; et faire à nos frais le travail de la Banque. Je ne veux pas vous limiter à 10 francs près, mais vous reconnaîtrez sans doute l’exactitude de mon raisonnement, faites-le remarquer en tous cas aussi bien à Burgunder qu’à Rebert et arrangez la chose au mieux. Ce que vous ferez sera bien fait. Vous pouvez sur place vous rendre mieux compte de la réalité des choses. Je vous prie seulement de tenir compte dans la mesure du possible de ces directives. (Schehr touche 110F pour travailler [tous les] jours)

Pour les drogues et papiers le mieux sera d’attendre la réponse d’Epinal ou d’ailleurs. Si les prix indiqués sont supérieurs à ceux proposé par GRC[2] vous les prendrez comme base. S’ils sont inférieurs vous accepterez bien entendu les prix proposés par GR. S’il n’y a aucune indication on pourra je crois accepter les prix de GR avec les modifications suivantes :

fécule et amidon de froment, prendre les prix de Scheurer Lauth[3].

J’ai l’impression que le talc, kaolin, albâtre devraient être vendus beaucoup plus cher ; environ 4 fois la valeur du temps de paix : la fécule soluble doit suivre la même progression que la fécule ordinaire.

Chloragen, chlorozone, 3 ou 4 fois je pense le prix de paix. Peut-être serez-vous mieux orienté par Tenthorey. Vous pourrez prier de ma part M. Burtschell[4], rue de la Préfecture à Epinal de nous rendre le service de se renseigner sur les différents produits. Je pense d’ailleurs que Tenthorey vous répondra.

Ne m’oubliez pas auprès de Madame Meng[5]. Cordialement à vous.

GP


Notes

  1. CMC : Charles Mieg (†) et Compagnie.
  2. GRC : Gros Roman et Compagnie.
  3. Auguste Lauth et ses associés Scheurer.
  4. Louis Burtschell (1872-1959), représentant en machines textiles à Epinal.
  5. Marie Gayot, épouse de Jacques Meng.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mardi 10 juillet 1917. Lettre de Guy de Place (mobilisé) à Jacques Meng (Fellering) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_10_juillet_1917&oldid=40651 (accédée le 11 août 2022).

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