Lundi 27 août 1917 (B)

De Une correspondance familiale



Gazette multigraphiée n° 1, d’Emilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Brunehautpré) à son fils Louis Froissart (Paris)


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GAZETTE de BRUNEHAUTPRE       27 Août 1917
Tirée à 5 exemplaires

Vendredi soir nous avons vu arriver Gaston[1] allant en permission de 7 jours. Il avait rencontré le jour même Hélène Dupont[2] assez ennuyée de son petit Emmanuel qui devait être opéré de l’appendicite le lendemain. Je demande des nouvelles.

Nous avons quitté Paris samedi matin sans bousculade ayant envoyé Gaston de très bonne heure pour retenir nos places et ayant expédié nos bagages la veille. Voyage sans incident. Trouvé à Rang-du-Fliers[3] une jeune et jolie dame très comme il faut se disant envoyée par la Croix Rouge à l’hôpital de Montreuil comme infirmière major et très en peine de trouver un moyen de locomotion pour gagner ledit hôpital. En un moment la dame et tous ses bagages furent installés dans l’auto et débarqués chez M. de Lhomel qui allait partir pour aller chercher Mme Lecomte de Chazal[4] à Etaples où Mme Legueux annonçait son arrivée…

Paul[5] et Cécile[6] étaient ici et ont fini l’après-midi avec nous. Laure[7] ne peut décidément résider en permanence à Dunkerque, elle n’y peut être que du vendredi au lundi et le reste du temps à Bourbourg chez sa belle-sœur[8] ; Jules[9] habite la maison des Durin. C’est bien une moto qu’il monte. On pense qu’il ira terminer son instruction à Dijon ou à Versailles. Après le départ de Paul, arrivée de Mme de Bournonville[10]. Son Guy a 5 centimètres de plus que Jacqui[11] et est fort en proportion, il a embelli mais je ne formule pas de proposition absolue. Il parle bien et est dégourdi pour ses 2 ans ½.

Hier messe à 9H. L’après-midi chasse au lièvre dans la cour ou plutôt dans le petit [flot] où un coup de fusil du bon-papa[12] lui a fait faire le plongeon à la grande émotion des petits mais c’est le balai de Pauline[13] qui a eu les honneurs de l’hallali. Nous avons déjà mangé un civet délicieux, à demain la suite. Cela nous a un peu retardés pour nos visites : laissant Mme de Bournonville au Valyvon, nous avons été rendre le livre de Michel[14] aux Digard[15]. Nous y avons trouvé les Huguet de Boulogne. Au moment où nous partions, on nous a annoncé les fiançailles de Mimi[16] avec un jeune Bioche[17] dont nous avons connu les parents autrefois à Douai (professeur au Lycée). M.B. est le frère de Mme Eugène Faÿ[18] et Mme est une demoiselle de Venel[19] (allié aux Barth). Si je calcule bien, ce jeune homme aurait au plus 26 ans, et elle en aurait au moins 27. Elle paraît radieuse. Lili[20] reine et maîtresse à Blangermont y fait des merveilles et s’est révélée une cultivatrice remarquable. On n’a pas parlé de Cici[21]. Nous avons fait ensuite une visite aux Marcha et ramené Mme de Bournonville. Aujourd’hui il pleut ![22]


Notes

  1. Gaston Piollé, employé par les Froissart.
  2. Hélène Barroux, épouse de Ghislain Dupont.
  3. Gare de Rang-du-Fliers.
  4. Probablement Suzanne Antonia de Chazal (1879-1943), épouse de Jean Lecomte.
  5. Paul Froissart.
  6. Cécile Dambricourt, épouse de Maximilien Froissart, belle-fille de Paul.
  7. Laure Froissart, épouse de Jules Legentil.
  8. Julie Legentil, épouse de Jules Delcroix.
  9. Jules Legentil.
  10. Germaine Le Vasseur de Fernehen, épouse de Christian de Bournonville et mère de Guy de Bournonville.
  11. Jacqui : Jacques Damas Froissart.
  12. Damas Froissart ?
  13. Pauline Levecque, veuve de Philibert Vasse, employée par les Froissart.
  14. Michel Froissart.
  15. Georges Digard, son épouse Lucie Plichon et leurs filles.
  16. Marie Geneviève Digard, 28 ans.
  17. Joseph Bioche, 25 ans, fils de Charles Bioche et Louise Hortense de Venel.
  18. Marie Bioche, veuve de Eugène Nicolas Faÿ.
  19. Emilie Froissart écrit : « Venelles »
  20. Elise Digard, épouse de Georges Sangnier.
  21. Lucie Digard.
  22. Ajout manuscrit.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Lundi 27 août 1917 (B). Gazette multigraphiée n° 1, d’Emilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Brunehautpré) à son fils Louis Froissart (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_27_ao%C3%BBt_1917_(B)&oldid=55818 (accédée le 1 octobre 2022).

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