Jeudi 3 janvier 1878

De Une correspondance familiale


Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Vieux-Thann) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)

original de la lettre 1877-01-03.jpg


Vieux-Thann 3 Janvier 1878

Ma bien chère Aglaé,

C’est chez notre chère belle-fille[1] que nous sont arrivées les bonnes lettres datées de Paris, inutile de te dire le plaisir qu’elles nous ont fait ; le soir rentrés à la maison mon mari[2] et moi les avons relues de nouveau en disant à chaque instant : que notre chère Aglaé est bonne, que nos chères petites-filles[3] ont une nature ravissante de simplicité et de bons sentiments. Ce qu’elles sont aujourd’hui c’est ton ouvrage : le terrain était certainement excellent mais la semence a été parfaite. Rendons grâce à Dieu, nos jeunes filles seront dignes de leurs tendres mères[4] qui sont au Ciel.

Notre chère belle-fille dont la grossesse a été souvent très pénible, va sensiblement mieux, espérons que tout ira bien au moment de ses couches. Plus nous la voyons, plus nous apprécions ses aimables et solides qualités, sa mère Mme Stackler[5] est remarquablement douée et d’un commerce charmant. Elle, Marie et Léon sont bien sensibles aux paroles affectueuses que tu leur adresses ils me chargent de te le dire et de te transmettre leurs meilleures amitiés. C’est avec vif intérêt que nous avons appris la position intéressante de Madame Dumas[6] qui heureusement est en bonne voie de santé. Quant à ta chère belle-sœur Madame Ernest Dumas[7] nous la voudrions rétablie ainsi que le bon petit Jean[8], il me semble qu’on vient de prendre un excellent parti pour ce cher enfant en le gardant à la maison où des leçons particulières lui seront données. Hier nous avons eu le plaisir d’avoir la visite de Madame Berger[9] avec ses deux filles aînées[10]. Ces dames sont allées plusieurs fois travailler auprès de Marie qui m’a dit à plusieurs reprises qu’elle est très contente de les connaître et d’avoir été à même de les apprécier. Quand nos chères petites pourront écrire à Marie et Hélène, elles peuvent être sûres d’avance du plaisir que leur feront leurs lettres.

Je te prie, ma bonne Aglaé, d’être notre interprète auprès de tes chers parents[11] en leur disant tout ce que notre cœur éprouve pour eux ; puisse leur santé se maintenir pour le bonheur de tous ceux qui les connaissent. Adieu chère Aglaé mon mari et moi t’embrassons bien fort et faisons nos tendres amitiés à M. Alphonse[12], à Charles[13], à tes bonnes sœurs[14].

Félicité Duméril

Quel charmant travail que les dessins de nos chères petites qu’elles viennent de nous envoyer.
Souvenir de respectueuse affection à Mme Trézel[15] et à M. Milne-Edwards[16].
Nous avons reçu hier une charmante lettre de notre bon Paul[17] qui aurait été si bien associé à Mlle Mathilde[18] si les circonstances l’avaient permis.
Le marchand de foies gras s’appelle M. Edouard Artzner [ ]


Notes

  1. Marie Stackler, épouse de Léon Duméril.
  2. Louis Daniel Constant Duméril.
  3. Marie et Emilie Mertzdorff.
  4. Caroline Duméril (†), première épouse de Charles Mertzdorff et Eugénie Desnoyers (†), seconde épouse, qui les a élevées.
  5. Marie Stéphanie Hertzog, veuve de Xavier Stackler.
  6. Louise de Tournemine, épouse de Noël Jean Baptiste Dumas, est enceinte de Hervé Dumas.
  7. Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  8. Jean Dumas.
  9. Joséphine André, épouse de Louis Berger.
  10. Marie et Hélène Berger.
  11. Jules Desnoyers et son épouse Jeanne Target.
  12. Alphonse Milne-Edwards, époux d’Aglaé.
  13. Charles Mertzdorff.
  14. Cécile Milne-Edwards-Dumas et Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  15. Auguste Maxence Lemire, veuve de Camille Alphonse Trézel.
  16. Henri Milne-Edwards.
  17. Paul Duméril.
  18. Mathilde Arnould ; un mariage avait été évoqué entre les jeunes gens.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Jeudi 3 janvier 1878. Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Vieux-Thann) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_3_janvier_1878&oldid=40062 (accédée le 14 août 2022).

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