Vendredi 5 juillet 1878

De Une correspondance familiale


Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Vieux-Thann) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)


original de la lettre 1878-07-05 pages 1-4.jpg original de la lettre 1878-07-05 pages 2-3.jpg


Vieux-Thann 5 Juillet 1878.

Ma bien chère Aglaé,

Il y a déjà quelque temps que je voulais répondre à ta bonne lettre, mais ne l’ayant pas fait de suite, j’ai pensé que ma chère sœur[1], à son passage à Paris, pourrait donner verbalement des nouvelles de nous tous et le faire plus complètement que ne le pourrait une lettre. Tu vois combien les évènements se pressent et se succèdent dans notre famille ; presque dans le même mois, mariage de Georges[2], mariage d’Adrienne Gastambide[3] et pour septembre prochain, mariage de Paul[4] qui est aujourd’hui fiancé à une jeune personne dont on nous a fait un portrait charmant, elle appartient à une famille très considérée dans laquelle mon frère[5] et Paul se sont plus beaucoup. La jeune personne a passé ses examens et a été parfaitement élevée, sans être jolie on la dit agréable. Tu juges combien nous sommes désireux de la connaître ; si le mariage reste fixé au mois de septembre, nous irons à Paris à cette époque, mais comment [ ] cadrer ceci avec d’autres projets ? nous nous le demandons, ne sachant pas ce que tu comptes faire cette année, tu ne le sais peut-être pas toi-même, en effet les circonstances de cette vie sont souvent chose si inattendue, qu’il est difficile de se prononcer sur ce que l’on fera. Que de fois j’aime à me répéter les paroles si pleines de confiance en Dieu de Caroline[6] et celles qu’y avait jointes Eugénie[7].

Voilà notre chère belle-fille[8] installée à Albisbrunn[9] avec sa bonne mère[10] et la gentille petite Hélène[11], puisse ce séjour raffermer sa santé qui nous est si précieuse à tous. Léon[12] ira passer avec elle la journée de Dimanche et il s’en réjouit à l’avance.

Inutile de dire à nos chères petites-filles[13] que nous les avons sans cesse présentes à la pensée auprès de leur excellente tante et de leur excellent oncle[14], dis-leur je te prie que nous ne voulons pas qu’elles prennent la peine de nous écrire, puisque les lettres qu’elles adressent à leur bon père[15] nous sont communiquées. Voici ce que mon frère vient de nous écrire : « Marie et Emilie m’ont paru dans un état de santé florissante : elles ont toujours ces bons visages, si ouverts, si bons, si souriants en présence desquels on a tant de plaisir à se trouver. Madame Edwards[16] a été, comme toujours pour nous l’excellente et aimable dame que vous savez. »

Adieu bien chère Aglaé nous t’embrassons comme nous t’aimons ainsi que M. Alphonse et nos chères petites-filles, et te prions de dire de notre part les choses les plus affectueuses à tes bons parents[17].
Félicité Duméril.

Souvenir affectueux à tes bonnes sœurs[18]. J’embrasse Jean[19] et Marthe[20].


Notes

  1. Eugénie Duméril, veuve d’Auguste Duméril.
  2. Georges Duméril a épousé Maria Lomüller.
  3. Adrienne Gastambide a épousé Alphonse Chauvet.
  4. Paul Duméril va épouser Marie Mesnard.
  5. Charles Auguste Duméril.
  6. Caroline Duméril (†), première épouse de Charles Mertzdorff.
  7. Eugénie Desnoyers (†), seconde épouse de Charles Mertzdorff.
  8. Marie Stackler, épouse de Léon Duméril.
  9. Albisbrunn, station thermale près de Zurich.
  10. Marie Stéphanie Hertzog, veuve de Xavier Stackler.
  11. Hélène Duméril.
  12. Léon Duméril.
  13. Marie et Emilie Mertzdorff.
  14. Aglaé Desnoyers et son époux Alphonse Milne-Edwards (« M. Alphonse »).
  15. Charles Mertzdorff.
  16. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  17. Jeanne Target et son époux Jules Desnoyers.
  18. Les belles-sœurs : Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas et Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  19. Jean Dumas.
  20. Marthe Pavet de Courteille.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Vendredi 5 juillet 1878. Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Vieux-Thann) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_5_juillet_1878&oldid=42599 (accédée le 8 août 2022).

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