Vendredi 25 mai 1860

De Une correspondance familiale


Lettre d’Eugénie Desnoyers (Paris) à son amie Caroline Duméril, épouse de Charles Mertzdorff (Paris)


16.5.1861[1]

Vendredi soir

Ma chère petite Crol,

Maman[2] est obligée de partir de très bonne heure demain matin pour Montmorency, et par contre, nous, son ombre fidèle, suivrons la même voie. Il nous faut donc renoncer à l'espérance de t'embrasser demain et renvoyer à Lundi baisers et caresses que nous aimons tant à te donner.

Ta bonne mère[3] m'a fait le grand plaisir de m'amener ton cher trésor[4], je lui en suis très reconnaissante; cette petite Mikie est une petite créature si ravissante que je comprends que ce soit un sacrifice de s'en séparer même quelques instants.

Vous avez eu une belle journée pour votre voyage à Montataire[5] je souhaite que nous soyons aussi favorisés Lundi et que surtout tu ne te trouves pas trop fatiguée d'une vie si remuante ; mais tu sais faire tant de plaisir par ta présence que ton cœur te fait oublier le mal.

Ces quelques lignes ne signifient rien, elles sont écrites en fraude mais elles partent d'une amie qui aime tant que tu les comprendras. oh ma petite Crol chérie que je suis heureuse de te voir ! Quelle enfant je suis de te dire cela de cette manière il y a longtemps que tu la connais cette vieille Nie et tu as raison de croire en son amitié pour toi et les tiens.

Que l'affection que ta mère nous témoigne nous est précieuse je ne puis m'empêcher d'être émue en y pensant

Bonsoir, Amie chérie, à Lundi une bonne causerie, tes paroles me sont toujours si douces et j'en ai besoin quoique, si je ne suis pas assez forte devant de petites préoccupations, ma confiance n'en soit pas moins toujours entière en la Providence

Adieu, mille caresses, à Lundi de très bonne heure.

ED


Notes

  1. Épigraphie tardive et erronée, en contradiction avec le cachet postal du 26 mai 1860.
  2. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  3. Félicité Duméril.
  4. Marie Mertzdorff, Mikie, la fille de Caroline, âgée de un an.
  5. Voir les notes de Caroline sur ce voyage.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Vendredi 25 mai 1860. Lettre d’Eugénie Desnoyers (Paris) à son amie Caroline Duméril, épouse de Charles Mertzdorff (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_25_mai_1860&oldid=35945 (accédée le 11 août 2022).

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