Septembre 1878 - 2

De Une correspondance familiale


Lettre de Marthe Pavet de Courteille (Paris) à Marie Mertzdorff (Vieux-Thann)


original de la lettre septembre 1878-2 pages 1-4.jpg original de la lettre septembre 1878-2 pages 2-3.jpg


Ma petite Marie chérie

Je viens te demander pardon d’être restée si longtemps sans écrire mais la semaine s’est passée si rapidement que je ne sais plus où j’en suis. Tu es bien gentille, ma sœur chérie de m’avoir écrit aussi longuement que tu l’as fait ; ta lettre était attendue avec impatience et j’ai été je suis bien contente de pouvoir répondre à ta demande de « As-tu vu tante Marie[1] » par un oui. Lundi j’ai dîné chez tante[2] avec elle et oncle Léon ; tu sais combien je désirais faire sa connaissance ; j’avais cru d’abord qu’il faudrait y renoncer puisque le Mercredi précédent tante l’avait invitée et que dans la journée ton oncle est venu dire qu’ils ne pourraient venir ni l’un ni l’autre parce que ta tante Marie était un peu souffrante.
Heureusement qu’elle a pu venir le Lundi et notre bon oncle[3] est venu me chercher un peu avant le dîner pour m’amener au Jardin où j’ai passé toute la soirée.
J’ai bien regretté que ce jour-là mère[4] n’ait pas pu venir mais tante Léonie[5] et ma cousine Devismes dînaient à la maison cela n’a pas été possible.
J’ai trouvé que ta tante[6] ressemblait beaucoup à une des photographies d’elle que vous m’avez montrées un peu avant son mariage ; elle je comprends que vous l’aimiez beaucoup car elle a l’air très simple et très bonne ; je suis sûre que je l’aimerais bien vite.

Il faut que je me dépêche parce qu’il est près d’une heure et que tante[7] doit venir nous chercher pour aller à Saint-Mandé. Je n’aurai pas le temps d’écrire à Émilie[8] aujourd’hui mais remercie-la de sa gentille lettre qui est venue me surprendre si agréablement.

Que c’est bon à ta chère bonne-maman[9] de m’avoir écrit si aimablement, tu ne te doutes pas du plaisir que cela m’a fait ; je te prierai de lui remettre la lettre que je lui envoie et de la remercier encore de son affection et de sa bonne lettre.

Il m’est impossible de te raconter l’emploi de notre temps depuis ma dernière lettre car je l’ai totalement oublié sinon que Mardi [ ] frères[10] [sont venus] et que nous sommes allés à [  ] qui allait très bien. [  ] chez bonne-maman[11] parce que le Dimanche Elise[12] était souffrante.

Hier Marguerite[13] est venue passer une partie de la journée avec moi et nous avons fait très longtemps ensemble une partie des Tableaux qu’on nous avait donnés. Ce que nous avions à faire était mis dans le mien aussi Marguerite a trouvé plus commode de le recopier.
MlleDuponchel[14] était venue le matin me donner ma leçon et m’a chargée de beaucoup de choses pour vous. A propos rassure Émilie sur mon ardeur de dessin. Pendant une semaine j’ai pas mal dessiné c’est vrai mais la fois suivante mon zèle s’était bien refroidi aussi va-t-il falloir qu’elle réchauffe le sien en même temps que moi et surtout qu’elle n’aie pas peur. Je suis sûre qu’elle travaille plus que moi, mais comme cette bonne Émilie est plus modeste que moi elle se figure en faire moins.

Tante Cécile[15] est revenue à Paris avant-hier [son] M. Cornec (le nouveau professeur de [Jean]) a dû commencer hier à venir je ne sais quelle impression il a fait sur Jeannot

Je suis bien contente que tantine vienne aujourd’hui à Saint-Mandé avec nous car je ne la vois presque plus. Avant-hier nous y sommes allées 2 fois sans parvenir à la voir et hier je l’ai vue 10 minutes et je trouve que ce n’est pas assez on n’a le temps de ne se rien dire.

Sais-tu que cousine Louise[16] est souffrante, Mme Martineau[17] qui a quitté Saint-Claude il y a une dizaine de jours a reçu une lettre de cousin Camille[18] lui demandant de revenir. Elle a la même chose qu’il y a 3 ans ce n’est pas grave mais il ne faut pas qu’elle se fatigue et pour cela sa mère lui est indispensable car les 2 petits[19] la fatiguent beaucoup.

J’écrirai à Émilie dans très peu de temps jours puisque je n’ai plus le temps de le faire maintenant.
Adieu ma sœur chérie que j’aime de tout mon cœur je t’embrasse aussi fort que je le puis ainsi que ma petite Émilie gentille.
A bientôt
Ta sœur Marthe


Notes

  1. Marie Stackler, épouse de Léon Duméril.
  2. Aglaé Desnoyers, épouse d'Alphonse Milne-Edwards.
  3. Alphonse Milne-Edwards.
  4. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  5. Léonie Pavet de Courteille, épouse d’Alfred de Ségogne.
  6. Marie Stackler-Duméril.
  7. Aglaé Desnoyers-Milne-Edwards.
  8. Émilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  9. Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril.
  10. Marthe Pavet de Courteille a plusieurs frères pensionnaires à Chevilly.
  11. Probablement Auguste Maxence Lemire, veuve de Camille Alphonse Trézel.
  12. Elise, employée par les Milne-Edwards ?
  13. Marguerite Audouin, qui fréquente le même cours ?
  14. Marie Louise Duponchel, professeur de dessin.
  15. Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  16. Louise Ida Martineau, épouse d’Antoine Camille Trézel.
  17. Ida Marie Malgrange, veuve de Henri Jean Baptiste Martineau.
  18. Antoine Camille Trézel.
  19. Henri et Félix Jean Trézel.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Septembre 1878 - 2. Lettre de Marthe Pavet de Courteille (Paris) à Marie Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Septembre_1878_-_2&oldid=35696 (accédée le 13 août 2022).

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