Mardi 30 juin et mercredi 1er juillet 1868

De Une correspondance familiale


Lettre de Marie Mertzdorff (Nogent-le-Rotrou-Launay) à sa grand-mère Félicité Duméril (Morschwiller)


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à Launay, Nogent-le-Rotrou, Eure-et-Loir

30 juin 1868

Ma chère bonne-maman,

voilà huit jours que nous avons le plaisir de voyager. Nous nous sommes beaucoup amusées la nuit en chemin de fer ; nous sommes restés seuls, et le souper était délicieux. En arrivant à Paris nous avons trouvés bon-papa et bonne-maman[1] sous la porte qui nous attendaient ; tante Aglaé et oncle Alphonse[2] sont arrivés avec petit Jean[3], et nous étions tous bien heureux de nous voir et de nous embrasser. Ensuite nous avons déjeuné et sommes restés toute la matinée ensemble. Après le déjeuner nous avons été chez tante Eugénie[4] ; nous avons fait ta commission à tout le monde excepté à la petite Marie[5] que nous n’avons pas pu voir ce jour-là parce qu’on croyait qu’elle aurait une éruption, mais cela n’a rien donné.

Quant au petit Léon[6] c’est un magnifique poupon, il est gros et gras comme une petite boule. Ensuite nous sommes rentrés et nous sommes restés la fin de la journée tranquilles à la maison avec bonne-maman.

Le jeudi les petites Duval[7] sont venues pour déjeuner avec leur maman[8] et leur tante Lafisse[9] et l’après-midi nous avons joué ensemble à la poupée dans le petit jardin de tante Aglaé quand on est venu nous chercher et nous avons trouvé chez bonne-maman, tante Eugénie, tante Adèle[10], monsieur et madame Vatblé, la petite Marie qui allait très bien et le bon gros Léon.

Le soir nous nous sommes tous promenés dans la ménagerie[11] où nous avons rencontré oncle Auguste[12] et cousin Félix[13]. Vendredi a encore été une bonne journée de courses en voiture découverte avec maman[14] et tante Aglaé. Le soir pendant que maman a été à l’opéra nous avons été dire adieu à la petite Marie.

Samedi dès cinq heures nous étions réveillés pour partir partir à six heures et demie.

Mercredi matin. Je n’ai pas eu le courage de finir ta lettre hier, papa[15] m’avait proposé de ramasser les branches d’arbre qu’il coupait et nous sommes allées nous deux Founi[16] faire de gros tas. Si tu avais comme c’est joli à Launay et comme on s’y amuse. Nous jouons dans le sable jusqu’au cou. Nous nous promenons sur la butte, nous ramassons des pommes de pin. Le matin nous prenons des douches d’eau froide… puis on nous frotte et puis nous sommes agréablement pour toute notre journée. hier nous étions à ramasser le bois lorsque j’aperçois un monsieur et une dame et je reconnais tante Clotilde[17] aussitôt je vais à sa rencontre et lui dit bonjour, puis tandis que papa était avec elle je me suis dépêchée d’aller avertir maman. alors on s’est installé au salon et après on a mangé des groseilles et après le goûter on a fait le tour de la butte où nous nous sommes très bien amusées. Adieu, ma chère bonne-maman, Founi et moi nous t’embrassons bien fort ainsi que bon-papa[18] et oncle Léon[19], bon-papa et bonne-maman Desnoyers te font dire bien des amitiés. Cécile[20] me charge de te dire bien des choses. Ta petite-fille qui t’aime de tout son cœur

Marie Mertzdorff.


Notes

  1. Les grands-parents Desnoyers : Jules Desnoyers et son épouse Jeanne Target.
  2. Aglaé Desnoyers et son époux Alphonse Milne-Edwards.
  3. Jean Dumas.
  4. Eugénie Duméril, épouse d’Auguste Duméril.
  5. Marie Soleil.
  6. Léon Soleil.
  7. Hortense et Jeanne Duval.
  8. Bathilde Prévost, épouse d’Alphonse Duval.
  9. Constance Prévost, épouse de Claude Louis Lafisse.
  10. Adèle Duméril, épouse de Félix Soleil.
  11. La ménagerie du Jardin des plantes à Paris.
  12. Auguste Duméril.
  13. Félix Soleil.
  14. Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff.
  15. Charles Mertzdorff.
  16. Founi, Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  17. La cousine Clotilde Duméril, épouse de Charles Courtin de Torsay.
  18. Louis Daniel Constant Duméril.
  19. Léon Duméril.
  20. Cécile, bonne des petites Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mardi 30 juin et mercredi 1er juillet 1868. Lettre de Marie Mertzdorff (Nogent-le-Rotrou-Launay) à sa grand-mère Félicité Duméril (Morschwiller) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_30_juin_et_mercredi_1er_juillet_1868&oldid=52330 (accédée le 14 août 2022).

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