Mardi 21 juillet 1801, 2 thermidor an IX

De Une correspondance familiale

Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à sa mère Rosalie Duval (Amiens)

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n° 134

Maman, j'attendais votre lettre. le temps avait été si mauvais pendant la route que vous venez de faire que nous pouvions craindre qu'il ne vous soit arrivé quelque accident. que parlez-vous de reconnaissance ? nous n'avons fait que notre devoir. quant à moi je n'ai qu'un regret, c'est de n'avoir pu être avec vous autant que je l'aurais désiré et dans les derniers temps surtout d'avoir eu besoin d'être quelquefois seul pour vous cacher mon chagrin[1].

j'ai reçu une lettre de Monsieur Brasseur. je présume qu'elle a été écrite le jour même mais avant qu'il ait eu la mienne. il ne me parle de rien que de l'état de sa fille et de l'espoir où il est qu'elle ne tardera pas à revenir à son état ordinaire. dans la lettre de Cuvier[2] il le remercie de l'accueil flatteur qu'il en a reçu et il lui mande qu'il espère toujours avoir le plaisir de le posséder à Amiens.

Mlle B. m'a écrit plusieurs fois. sa dernière m'a pleinement satisfait et je ne pouvais rien désirer de plus. Elle m'engage à venir la trouver le plus tôt que je pourrai. vous sentez bien que je ne me déciderai à rien maintenant que je n'aie votre avis. Je lui suis sincèrement attaché et je ferai tout pour l'obtenir. c'est à vous que je confie mes intérêts. il faut nécessairement que vous parliez à M. Brasseur de l'embarras dans lequel il m'a laissé. il serait bon même que vous le lui reprochassiez. Nous verrons comme il s'en tirera. je vous avoue que je lui en veux un peu.

Montfleury a reçu une lettre de sa femme hier[3]. J'ai conduit hier M. Galhaut et sa société au jardin des plantes. M. Dubois n'était pas à Paris il est parti pour la campagne.

ne dites pas à M. Brasseur que vous avez reçu une lettre de moi. mandez-moi sa réponse le plus tôt que vous pourrez. j'ai tout lieu de croire, toutes choses tenantes, que je serai à Amiens vers le 20. Auguste[4] a été aussi entièrement satisfait de la dernière lettre que j'ai reçue de Félicité.

Crampon se charge de porter le diamant. il partira vendredi ou samedi.

presque chaque jour de cette décade je serai occupé à des examens. Je me suis chargé de remplacer tous mes confrères pour que mon absence ne fasse pas crier[5].

je remercie Désarbret[6] de son souvenir, je l'embrasse ainsi que Reine et Papa[7]. Ecrivez-moi

Votre fils C.D.

Le 2 thermidor an 9


Notes

  1. Chagrin est causé par des relations amoureuses difficiles avec une jeune fille d’Amiens, Mlle Brasseur.
  2. En l’absence du prénom, on peut hésiter entre Georges et Frédéric Cuvier.
  3. Florimond dit Montfleury (l’aîné), frère d’André Marie Constant Duméril, a épousé Félicité Vatblé en 1797.
  4. Auguste (l’aîné), frère d’André Marie Constant Duméril.
  5. André Marie Constant Duméril est professeur à l’Ecole de médecine.
  6. Joseph Marie Fidèle dit Désarbret et Reine, frère et sœur d’André Marie Constant Duméril.
  7. François Jean Charles Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril, 2ème volume, p. 91-92)

Annexe

À Madame

Madame Duméril

Petite rue Saint Rémy n° 4804

A Amiens

Département de la Somme

Pour citer cette page

« Mardi 21 juillet 1801, 2 thermidor an IX. Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à sa mère Rosalie Duval (Amiens) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_21_juillet_1801,_2_thermidor_an_IX&oldid=40838 (accédée le 8 août 2022).

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