Mardi 21 avril 1874 (B)

De Une correspondance familiale


Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)

original de la lettre 1874-04-21B pages1-4.jpg original de la lettre 1874-04-21B pages2-3.jpg


M'[1]

Mon cher Papa,

Tu dois être en ce moment en voyage et je te plains bien car par de cette chaleur cela n’est pas bien agréable. Pourvu que tout cela ne te fatigue pas trop !

Depuis Dimanche nous avons une chaleur accablante on se croirait au mois de Juillet aussi je ne suis pas très active car j’aime mieux travailler par le froid que par le chaud. Dimanche après la grand’messe nous avons été avec Jeanne Brongniart nous promener dans le Luxembourg dans l’espoir d’y rencontrer nos amies ; <mais quand nous arrivons> par un soleil brûlant <nous ne voyons que> Marthe Baudrillart <et Mlle> Clémence[2] qui nous ont dit qu’Etiennette[3] et Paule[4] étaient à Sceaux[5]. <Puis> nous sommes entrées un instant <avec> <  > aux petites sœurs des pauvres où la vieille mère Leblanc qui nous a demandé bien des nouvelles de son petit nourrisson <(oncle[6]). Elle est> bien drôle cette bonne femme. En rentrant Emilie a un peu travaillé.

Hier, après Mlle Poggi[7] nous avons été en voiture découverte chez Marie Des Cloizeaux auprès de laquelle nous avons passé ½ heure elle s’est habillée avec nous car elle allait à un mariage elle était bien amusante car il paraît que cela l’amuse extraordinairement de s’habiller.

En revenant nous avons pris notre leçon de Mlle Bosvy puis le soir Emilie a <vu> la petite Sylvie Rosset. Aujourd’hui nous avons été comme sortie chez Marthe[8] avec Jeanne Brongniart. André[9] était tout souffrant je ne sais pas ce que cela sera.

Mon rhume suit son cours mais il ne m’empêche pas d’aller et venir du reste je crois qu’avec cette température il ne tiendra pas longtemps.

Je te demande bien pardon petit père d’avoir pris du si petit papier mais je n’ai su trouver d’autre encore s’il était bien rempli ! Mais avec moi il n’y a pas à y compter, mon temps de phénomène est bien passé comme oncle me le disait ce matin.

Demain nous continuerons nos concours des prix c’est bien palpitant[10]. Ce matin mon bon Friquet[11] a eu son catéchisme elle a eu les palmes et Jeanne[12] le cachet d’or. Elle travaille avec ardeur en ce moment à son analyse.

Adieu mon bon père je suis à bout de papier et des nouvelles ni l’un ni l’autre ne sont considérables. Je t’embrasse mille et mille fois

ta fille Marie Mertzdorff.


Notes

  1. Lettre sur papier deuil.
  2. Clémence, possiblement bonne des enfants Baudrillart.
  3. Etiennette non identifiée.
  4. Paule Arnould.
  5. Dans la villa Baltard à Sceaux.
  6. Alphonse Milne-Edwards.
  7. Mlle Poggi, professeur de piano.
  8. Marthe Pavet de Courteille.
  9. André Pavet de Courteille.
  10. Au cours des dames Boblet-Charrier.
  11. « Friquet » : Emilie Mertzdorff.
  12. Possiblement Jeanne Didier.

Notice bibliographique

D’après l’original

Annexe

Monsieur Ch. Mertzdorff

Vieux-Thann

Haute Alsace

Pour citer cette page

« Mardi 21 avril 1874 (B). Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_21_avril_1874_(B)&oldid=54295 (accédée le 13 août 2022).

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