Lundi 7 février 1898

De Une correspondance familiale



Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris)


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Lundi 7 Février

Ma chère Marie,

J’ai été bien heureuse de recevoir ta lettre ce matin et de savoir par toi que le petit Paul[1] va mieux. Je ne cesse de penser à notre pauvre amie. Voilà le malheur des pauvres [[2]], consommé ! je plains de tout mon cœur la pauvre mère qui n’a pas même pu assister aux derniers moments de sa fille. Qu’il y a des moments cruels dans la vie !

Damas[3] est parti à 2h pour Campagne. Il reviendra Mercredi soir, et Jeudi nous aurons la visite de Jean[4].

Je ne t’ai pas encore renvoyé ta couverture mais je ne l’oublie pas, elle est prête et partira demain sans faute.

Je n’ai pas reçu beaucoup de monde aujourd’hui quoiqu’ayant eu presque toute mon après-midi occupée. Je commence à penser aux costumes des enfants[5] sans aucun enthousiasme d’ailleurs. Mme Pépin[6] a eu la bonté de m’envoyer des images de modes qui me donnent quelques idées. Il faut maintenant les exécuter : j’espère que cela amusera Félicie[7] plus que moi !

Nous avons été Samedi au Bal de Bienfaisance qu’on donnait à l’Hôtel de Ville. Il y avait beaucoup de monde, c’était joli. Samedi nous avons une autre soirée pour laquelle je me fais faire une robe neuve mauve, recouverte de tulle perle noir ou plutôt chevillée perlé et brodé. Ma robe de velours rouge est encore très bien, mais elle est à sa 6e année, c’est beaucoup pour une ville où on se rencontre forcément toujours avec les mêmes personnes. Cette nouvelle robe offrira des ressources pour l’avenir quand je serai fatiguée de mon dessous mauve, je remettrai le tulle brodé sur ma robe de satin noir.

Assez parlé chiffons, bonsoir ma chérie, je t’embrasse pour aller me coucher bien vite devant aller demain à 7h1/2 à la messe des mères chrétiennes.

Embrasse tous tes chéris pour moi[8]. Amitiés à ton mari[9].

E. Froissart


Notes

  1. Paul non identifié.
  2. Nom illisible, commençant possiblement par « H ».
  3. Damas Froissart.
  4. Jean Dumas ?
  5. Émilie Mertzdorff-Froissart a 6 enfants : Jacques (14 ans), Lucie, Madeleine, Michel, Pierre et Louis (3 ans) Froissart.
  6. Louise Lamarche, épouse de Jean François Pépin.
  7. Félicie Cottard, qui va épouser Auguste Jubaru, employée chez les Froissart.
  8. Jeanne, Robert, Charles, Marie Thérèse et Françoise de Fréville.
  9. Marcel de Fréville.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Lundi 7 février 1898. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_7_f%C3%A9vrier_1898&oldid=56431 (accédée le 13 août 2022).

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