Lundi 29 mai 1843 A

De Une correspondance familiale

Lettre d’André Marie Constant Duméril (Lille) à sa femme Alphonsine Delaroche (Paris)

lettre du 29 mai 1843 (A) recopiée livre4 page 40.jpg lettre du 29 mai 1843 (A) recopiée livre4 page 41.jpg lettre du 29 mai 1843 (A) recopiée livre4 page 42.jpg Original de la lettre 1843-05-29(A)-page 1.jpg Original de la lettre 1843-05-29(A)-page 2.jpg


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Lille, Lundi 29 mai 1843

Ma Chère amie, Auguste[1] t’a écrit hier en te disant que je me proposais de le faire moi-même aujourd’hui et j’ai attendu jusqu'à ce moment, (il est une heure) dans l’espérance d’en recevoir une ; mais le courrier vient de venir avec une lettre de Constant pour Félicité[2] et par conséquent je ne te répondrai pas.

Tu as dû recevoir une lettre que je t’ai adressée de Gand, lettre écrite à la hâte et avec une encre tellement pâle que tu auras eu bien de la peine à la déchiffrer. Tu as su par Auguste que nous étions heureusement de retour de notre voyage en belgique[3] qui s’est terminé aussi bien que pouvait le permettre une course aussi rapide. nous n’avons rien à regretter. notre intention première était d’aller de Liège à Aix-la-chapelle et à Spa ; mais cette portion du voyage aurait entraîné de grands frais et beaucoup de fatigue et de temps de sorte que nous y avons renoncé ce qui nous a fait mieux connaître Malines et Louvain où ne devions que passer tandis que nous y avons consacré une journée et demie.

j’ai appris ici que lors de ton départ ta santé était malheureusement un peu dérangée ; mais j’ai vu, par la lettre que tu as adressée à ma belle-sœur[4], que cette indisposition quoiqu’assez pénible pour toi pendant la route était tout à fait terminée.

Nous avons arrêté nos places à la diligence des grandes messageries pour mercredi. nous avons tout le coupé et deux places de l’intérieur. car nous ramenons la femme de chambre d’Eugénie[5] de sorte que tu dois lui faire préparer son lit pour jeudi 1er juin.

j’espère que tu auras chargé Bibron, comme je t’en priais, de faire faire les affiches et les annonces de mon cours[6] dans les journaux. j’ai appris ici hier la mort de mon ami Lacroix[7] ce qui m’a péniblement affecté, car j’espérais encore le retrouver à mon retour.

je viens d’apprendre par la lettre de Constant à sa femme que tu avais le dessein de m’écrire hier. je présume que tu auras envoyé ta lettre trop tard à la poste et qu’elle ne me parviendra que demain. heureusement que j’ai eu par là de tes nouvelles car sans cela j’aurais été inquiet.

Auguste vient de me recommander de te faire dire à Constant de ne pas parler, ni toi non plus, de la demande qu’il lui fait du mandat de 150 francs qu’il l’a prié de lui adresser ne voulant pas profiter de l’offre que lui a faite mon frère Auguste[8].

quant à moi j’ai employé les 400 F que tu m’avais laissés plus 100 francs qu’avait Auguste notre voyage en Belgique ayant employé tous nos fonds de manière que nous n’avions en dernier lieu que trois ou quatre francs. heureusement Félicité a de l’argent qu’elle me prêtera et que je lui rembourserai.

je vais écrire un mot à ma nièce madame Gibassier[9] pour la prévenir de notre passage à Cambrai.

Tout ce qui nous intéresse est on ne peut mieux et se joint à moi pour t’embrasser ainsi que Constant.

Ton ami C. Duméril


Notes

  1. Auguste Duméril, leur fils.
  2. Louis Daniel Constant Duméril, leur fils aîné, marié à sa cousine Félicité, qui séjourne chez ses parents.
  3. Après leur mariage à Lille, le 15 mai, Auguste et Eugénie Duméril ont fait un voyage en Belgique, en compagnie d’André Marie Constant Duméril.
  4. Alexandrine Cumont, épouse d’Auguste Duméril l’aîné.
  5. Séraphine, qui suit Eugénie Duméril de Lille à Paris.
  6. Le cours d’André Marie Constant Duméril au Muséum commence début juin.
  7. Le mathématicien Silvestre François Lacroix est mort le 25 mai 1843.
  8. Auguste Duméril l’aîné.
  9. Clémentine Duméril, épouse de Jean Baptiste Gibassier, est une fille de Florimond l’aîné, frère d’André Marie Constant Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril à sa femme, p. 40-42)

Annexe

Madame

Madame Duméril

rue Cuvier n°7

au jardin du Roi

Paris

Pour citer cette page

« Lundi 29 mai 1843 A. Lettre d’André Marie Constant Duméril (Lille) à sa femme Alphonsine Delaroche (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_29_mai_1843_A&oldid=40503 (accédée le 14 août 2022).

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