Lundi 15 mai 1882

De Une correspondance familiale

Lettre d’Émilie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


Fs1882-05-15 page1-4-Emilie.jpg Fs1882-05-15 pages2-3-Emilie.jpg


15 Mai 82.

Mon cher Papa,

Aujourd’hui, c’est de chez M. Flandrin[1] que je t’écris ; j’avais commencé hier une lettre pour toi, mais bonne-maman[2] est arrivée, et lorsqu’elle est partie, il n’était plus temps de la mettre à la poste ; ce matin je me suis laissée entraîner par l’italien puis il a fallu partir vite, vite, c’est pourquoi me voilà réduite à emprunter du papier à Marie Flandrin.

J’ai été bien contente de recevoir ta bonne lettre Samedi ; je vois que tu vas bien, mais ta journée passée à Colmar a dû en effet être bien triste et bien fatigante.

Ici on va bien. Élise[3] se lève depuis deux jours, aujourd’hui elle est même installée dans le petit salon où elle a plus de soleil et une vue plus agréable. Tante[4] va bien aussi. Samedi elle a fait avec moi des visites dans toute la famille avant d’aller au cours de chant[5], aujourd’hui elle est encore en courses et vraiment elle ne paie pas trop ces petits excès.

Hier Dimanche nous avons eu la visite de M. Sautter[6] avec ses deux filles[7], elles sont bien gentilles, et tante leur a demandé de revenir un jour à 5h pour aller nous promener dans la ménagerie sans être incommodées par le public.

Je te quitte parce que le modèle vient d’arriver, je viendrai te dire adieu pendant le 1er repos !

Que vais-je t’écrire au milieu de ce bavardage qui m’arrive de tous les côtés et que domine la voix de J. Buffet[8] ? j’espère que je trouverai au moins le moyen de t’embrasser bien tendrement et de te dire qu’il me semble qu’il y a déjà bien longtemps que tu es parti. Je vois avec bonheur arriver le mois de juin.

Marie[9] t’a-t-elle écrit qu’elle a recommencé ce matin ses leçons d’allemand ? est-ce beau !

Émilie


Notes

  1. Paul Flandrin, professeur de dessin.
  2. Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril.
  3. Élise, bonne des Milne-Edwards.
  4. Aglaé Desnoyers, épouse d'Alphonse Milne-Edwards.
  5. Cours de chant avec Pauline Roger.
  6. Louis Sautter, veuf de Lucy Raoul-Duval.
  7. Marthe et Marie Sautter (15 et 12 ans).
  8. Jeanne Buffet.
  9. Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville et sœur d’Émilie.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Lundi 15 mai 1882. Lettre d’Émilie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_15_mai_1882&oldid=40281 (accédée le 14 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.