Jeudi 2 mai 1878

De Une correspondance familiale

Lettre de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa fille Marie Mertzdorff (Paris)

original de la lettre 1878-05-02 pages 1-4.jpg original de la lettre 1878-05-02 pages 2-3.jpg


Jeudi soir 2 Mai 78.

Ma chère Marie

M. AugusteDuméril[1] est ici. Aujourd’hui il est allé avec son fils[2] fiancé, faire visite à Sélestat[3]. Ils doivent rentrer ce soir Jeudi 10 h.

Dimanche prochain Le jeune Ménage, le ménage du Moulin & père & fils[4] retournent tous en grande partie & grande pompe à Sélestat. Donc pour moi plus de dîner possible, impossible d’avoir M. Duméril je renonce à rester plus longtemps & je compte me mettre en route Samedi soir, pour vous embrasser Dimanche prochain c’est à dire dans moins de 60 heures.
Toujours sous la réserve de ne pas vous inquiéter si vous ne deviez pas me voir à la dite heure, j’aurais remis de 2 jours, ce qui n’est pas probable, mais seulement possible.
Je ne resterais que peu de jours à Paris tout juste assez pour nous préparer à notre petite tournée.

Maintenant que je te raconte un peu mon château en Espagne que je m’amuse depuis des mois à bâtir & qui est subordonné au bien trouvé de votre tante[5] chérie, qui donnera tout son consentement si elle n’y trouve pas de petits points noirs, ce qu’il faudra voir avec elle.
De Nancy nous passons par Strasbourg où nous tacherons de visiter la cathédrale etc.....
à Strasbourg l’on n’est qu’à 3 h de Vieux-Thann impossible de ne pas venir faire une petite station de 15 jours. Puis reprendre à Bâle la rive droite du Rhin jusqu’à Heidelberg - francfort - Mayence - Wiesbaden - peut-être - Cologne
& là nous nous déciderons soit à rentrer par Aix-la-chapelle soit à pousser un peu plus loin
Rentrer par Bruxelles, Gand, Anvers – peut-être Ostende.
Ce serait un petit voyage d’une 10zaine de jours.
Pour le 17 juin il faut que je sois de Noce[6], c’est entendu.
Quant à l’exposition je la verrai en détail cet été.

Pendant votre petit, petit, séjour ici vous allez étudier un peu les pays que nous nous proposons de visiter, car il faut que vous rentriez avec un bon bagage de souvenirs. Vous voici dans les beaux-arts & devez être à même de bien profiter de ce petit tour. Pour cela il faut que le temps nous favorise.
Vous voici à même de mûrir ce projet & à mon arrivée vous saurez déjà me dire s’il vous convient, s’il vous ferait plaisir, car comme ce n’est uniquement pour vous & être avez vous, que je vous le propose, il faut tout naturellement qu’il convienne & que vous n’y trouviez que plaisir.
Si tante Zaepffel[7] voulait nous accompagner jusqu’à Vieux-Thann & séjourner ce temps avec nous, cela me ferait plaisir & elle verrait au moins un peu les nièces[8] dont elle se plaint d’être séparée. Comme elle vous aime beaucoup & qu’il serait bon que vous ne lui soyez pas tout à fait étrangères je ne serais pas fâché de la voir accepter l’offre que je ne lui ferai qu’une fois chez elle. Je ne pense pas m’arrêter longtemps à Nancy 2 ou 3 jours suffiront.

Pendant votre séjour ici Georges[9] irait au Moulin pour que nous soyons bien entre nous, sans aucune gêne. Du reste il n’est plus beaucoup à Vieux-Thann. Lundi Mlle Oberlé[10] a accompagné les fiancés à Strasbourg faire les achats de meubles & autre.
M. Auguste n’a pas mauvaise Mine, il ne va pas mal, mais il dit qu’il ne veut rester qu’une 8aine & rentrer à Moulins. Sa sœur[11] fera tout pour le retenir ; mais il paraît que Moulins a grande attraction.

Te voici maintenant au fait de mes pensées & de toutes mes pensées, il ne me reste plus qu’à t’embrasser ainsi que notre petite Boulotte chérie[12] tu n’oublieras pas d’embrasser ta tante & oncle[13] pour ton père qui t’aime comme tu le sais déjà.
ChsMff

J’ai laissé ma lettre ouverte, & vous remercie de vos deux bonnes lettres arrivées à l’instant. Je n’ai rien changé à mes projets. Oncle Georges[14] a été souffrant il va mieux & j’espère qu’il pourra venir chez nous cet après-midi, comme inspecteur des comptes. après je serai libre. Cet après-midi j’irai au moulin.
vos amies Berger[15] doivent toujours quitter le 14 pour Paris.

Marie Duméril ne va pas mal mais n’a pas bonne mine, elle est pâle & ne sort pas & je ne vois plus la petite[16] au Jardin. cependant cette dernière va bien me dit-on.
une nouvelle cuisinière de Strasbourg est arrivée hier, je désire pour notre jeune ménage qu’ils la conservent plus longtemps que les 3 dernières.


Notes

  1. Charles Auguste Duméril (« M. Auguste »).
  2. Georges Duméril, fiancé à Maria Lomüller.
  3. Charles Mertzdorff écrit : Selestadt.
  4. Léon Duméril et son épouse Marie Stackler ; Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril qui vivent au Moulin à Vieux-Thann ; Charles Auguste et son fils Georges Duméril.
  5. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  6. Mariage de Georges Duméril et Maria Lomüller.
  7. Emilie Mertzdorff (sœur de Charles), épouse d’Edgar Zaepffel.
  8. Marie et sa sœur Emilie Mertzdorff (filles de Charles).
  9. Georges Duméril.
  10. Clémentine Oberlé.
  11. Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril.
  12. Emilie Mertzdorff.
  13. Aglaé Desnoyers et son époux Alphonse Milne-Edwards.
  14. Georges Heuchel.
  15. Marie et Hélène Berger.
  16. Hélène Duméril, fille de Marie Stackler et Léon Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Jeudi 2 mai 1878. Lettre de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa fille Marie Mertzdorff (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_2_mai_1878&oldid=39935 (accédée le 17 août 2022).

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