Vendredi 6 juin 1902

De Une correspondance familiale



Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris)


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6 Juin[1]

Ma chère petite Mie,

Je serai brève parce que mes yeux se ferment, mais je ne laisserai pas encore passer une journée sans te donner de nos nouvelles. En première ligne je te dirai que Michel[2] va bien et reprend tout à fait bonne mine. Il a été confirmé hier, c’est beau cette cérémonie de la confirmation et cela porte particulièrement à la prière, on a tant besoin du Saint-Esprit. J’ai bien pensé à toi, ma chérie, car il me semble que tu en as spécialement besoin et j’ai prié encore un peu plus que tous les jours pour que Dieu vous fasse connaître celui que vous devez choisir, celui qui a été fait pour votre grande[3] et qui ne sera jamais trop parfait et trop charmant pour elle.

Où est-elle cette grande fille ? as-tu de bonnes nouvelles ? tes voyageurs[4] doivent être sur la route du retour et j’espère qu’ils n’ont pas trop d’orages pour leurs traversées.

Nous avons dîné hier soir chez M. Alfred Dupont[5] avec le jeune ménage[6] et nous redînons demain avec toute la famille chez Mme Parenty[7]. Aujourd’hui je suis allée à Lille pour essayer la robe que je m’y suis commandée la semaine dernière : un complet gris si foncé que c’est presque noir avec des poils blancs, on l’égayera en garnissant le col d’une broderie écrue.

Madeleine[8] est un peu grippée depuis 3 jours ; elle a légèrement mal à la gorge et est fatiguée ; elle a cependant été hier à la confirmation et aujourd’hui au cours.

J’ai reçu ce matin une lettre de tante Marie[9] qui est bien touchée de la large hospitalité que tu offres à Hélène[10]. Si elle veut prolonger son séjour, mon appartement[11] est tout à sa disposition, nos cousins[12] n’en profiteront pas. Jean[13] va de mieux en mieux et a dû arriver hier à Bamières.

Ton séjour à Livet avec Charles[14] a dû être plein de charmes, les grands garçons aiment tant avoir une journée de tête à tête avec leur maman. Nous attendons Jacques[15] Dimanche pour quelques heures.

Adieu ma chérie, mes yeux se ferments de plus en plus, je t’embrasse bien vite.

Émilie

Notes

  1. Lettre probablement de 1902 (allusion aux « voyageurs » de la lettre du 15 juin 1902).
  2. Michel Froissart.
  3. Jeanne de Fréville, que l’on cherche à marier.
  4. Marcel de Fréville et certains de ses enfants.
  5. Alfred Louis Joseph Dupont (1840-1917).
  6. Alfred Dupont (1866-1948) et son épouse Jeanne Descat.
  7. Madeleine Decoster, épouse d’Henri Parenty.
  8. Madeleine Froissart.
  9. Marie Stackler, veuve de Léon Duméril.
  10. Hélène Duméril, épouse de Guy de Place et fille de Marie Stackler.
  11. Appartement à Paris.
  12. Paul Froissart et son épouse Eudoxie Dambricourt ?
  13. Jean Froissart, fils des précédents.
  14. Charles de Fréville.
  15. Jacques Froissart, pensionnaire.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Vendredi 6 juin 1902. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_6_juin_1902&oldid=54694 (accédée le 15 août 2022).

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