Vendredi 24 mai 1878

De Une correspondance familiale


Lettre de Paule Baltard (épouse d’Edmond Arnould) (Paris) à Marie Mertzdorff (Paris)


Paris, 13 Janvier 1880.
10h soir

Ma bien chère Marie,

Je pars demain matin pour passer quelques jours à Saint-Gobain[1] et c’est avec le plus vif regret que je quitte Paris sans avoir pu vous embrasser ; je pense à vous sans cesse et je prie Dieu pour vous tous les jours. J’ai été si touchée de cette bonne visite de Vendredi ! mais aussi quelle peine de la manquer ! Mathilde et Paule[2] en ont tant joui qu’elles m’ont fait en avoir ma part. Je rêvais d’aller passer un petit moment au Jardin près de votre chère tante[3] et de mes deux chères petites amies[4], mais nous venons de perdre une vieille cousine de ma mère[5] à Montmartre et les courses dans ce lointain pays prennent une grosse part dans la journée ; j’ai voulu aussi donner du temps à ma mère, hier il y avait le cours, aujourd’hui je ne sortais pas et puis au moment d’une absence, si petite qu’elle soit, on est toujours pressé !

La semaine prochaine nous serons plus heureuses ; peut-être pourrions-nous nous réunir un peu Mercredi, et puis, n’importe quand, j’irai vous dire comme je vous aime et combien j’ai demandé à Dieu, ma chère Enfant, de diriger lui-même votre volonté pour prendre la voie qui doit être pour vous la meilleure et la plus heureuse. J’espère que vous recevrez bientôt, si vous ne l’avez encore reçue, cette lumière qui vient d’en haut et qui nous inspire le calme et la confiance.

Votre amie Paule[6] pense beaucoup à vous au milieu d’un examen sur l’histoire d’Allemagne qu’elle prépare pour Jeudi.

Il faut que je vous dise bonsoir raisonnablement, non sans vous avoir tendrement embrassée ainsi que notre bien chère Emilie. Dites à votre bon père[7] les meilleures choses de ma part, et quant à votre excellente tante, elle connaît mon cœur si entièrement qu’elle doit bien y lire ce qui s’y trouve pour elle.
Votre vieille amie bien affectionnée
P. Arnould
née Baltard


Notes

  1. Saint-Gobain où vivent ses petites-filles Marguerite et Justine Jeanne Biver.
  2. Mathilde et Paule Arnould.
  3. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  4. Marie Mertzdorff et sa sœur Emilie.
  5. Cette cousine est apparentée à Adélaïde Lequeux, veuve de Victor Baltard.
  6. Paule Arnould.
  7. Charles Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Vendredi 24 mai 1878. Lettre de Paule Baltard (épouse d’Edmond Arnould) (Paris) à Marie Mertzdorff (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_24_mai_1878&oldid=35930 (accédée le 8 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.