Vendredi 15 septembre 1865

De Une correspondance familiale


Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à Félicité Duméril (Morschwiller)


original de la lettre 1865-09-15 pages1-4.jpg original de la lettre 1865-09-15 pages2-3.jpg


Vieux-Thann

Vendredi[1]

Chère bonne-Maman,

Nous sommes rentrés à très bon port, comme Charles[2] a pu le dire à bon-papa[3]. Et après la petite surprise Stoecklin en somme, nous étions tous très contents de notre journée ; nous avons eu le plaisir de vous voir et de nous trouver avec la famille Stoecklin qui mérite qu’on s’intéresse à elle. Leur habitation est vraiment charmante.

Nous avons reçu une lettre d’Aglaé[4], Alphonse va mieux, mais il a été assez souffrant pour garder le lit quelques jours, elle parle d’aller un peu à la campagne ; peut-être à Launay. Quel dommage que l’arrivée de ces vilains limules qui ont forcé ces chers amis à nous quitter au moment où quelques bonnes promenades en montagne eussent été si bonnes pour la santé.

Papa[5] est en Suisse encore, et d’après sa lettre la pluie ne le contrarie pas trop ; et il paraît bien ; nous lui enverrons la voiture ce soir au chemin de fer, quoique son arrivée ne soit pas certaine, ce temps pourrait bien lui faire hâter le retour.

J’espère que d’ici à Dimanche la pluie va cesser et que nous aurons le plaisir de vous posséder ici avec bon-papa. J’engagerai M. et Mme Heuchel[6] à dîner, car les voilà qui, à l’exemple de vos aimables voisins, veulent avoir mes parents[7] à dîner la semaine prochaine.

Je pense que vous avez reçu de bonnes nouvelles de Léon[8] et des parents qu’il a dû voir.

Ici rien de particulier. Maman va bien ; les enfants[9] ont passé l’après-midi chez Jeanne Scheurer[10] et voient tous les jours les amies Berger[11], on veut jouir jusqu’à Mardi.

Je vous écris tout en faisant la dictée, cela veut dire que je réclame votre indulgence.

Le voiturier a bien remis les deux paniers, merci à vous.

Maman m’a chargée de vous faire toutes ses amitiés. Et Charles[12], les enfants et moi vous embrassons de tout cœur sans oublier bon-papa.

Eugénie Mertzdorff


Notes

  1. Cette lettre non datée est écrite le 15 septembre, un vendredi pendant le voyage en Suisse de Jules Desnoyers.
  2. Charles Mertzdorff, époux d’Eugénie Desnoyers.
  3. Louis Daniel Constant Duméril, époux de Félicité.
  4. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  5. Jules Desnoyers.
  6. Georges Heuchel et son épouse Elisabeth Schirmer.
  7. Jules Desnoyers et son épouse Jeanne Target.
  8. Léon Duméril.
  9. Marie et Emilie Mertzdorff.
  10. Jeanne Scheurer-Kestner.
  11. Marie et Hélène Berger.
  12. Charles Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Vendredi 15 septembre 1865. Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à Félicité Duméril (Morschwiller) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_15_septembre_1865&oldid=51590 (accédée le 15 août 2022).

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