Samedi 6 décembre 1913

De Une correspondance familiale



Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Campagne-lès-Hesdin), à son fils Louis Froissart (Paris)


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Campagne le 6 Décembre

Mon cher Louis

Je suis bien contente d’avoir enfin de tes nouvelles et de n’en pas avoir de trop mauvaises. Je pense cependant que ton malaise, quoique fini, doit être étudié dans ses causes, afin d’en prévenir le retour et je me promets de le faire lorsque je serai près de toi. Il sera temps alors de voir M. Arnould[1]. Ne crois pas qu’il suffise de dire : c’est nerveux pour ne pas s’occuper de se soigner. Les nerfs doivent être soignés s’ils sont la cause du mal et j’en reviens alors à mon idée d’hygiène générale. Enfin nous verrons cela dans quelques jours, car c’est toujours le 15 que nous pensons arriver à Paris ton père[2] et moi, les Jacques[3] et les Degroote[4] nous y rejoindront du 20 au 25.

Ton papa a vu Pierre[5] hier matin en bourgeron par dessus sa veste, l’air excessivement jeune. Il paraît disposé à prendre très philosophiquement et même gaîment sa nouvelle vie. Il a une heureuse nature. Il espère pouvoir sortir demain pour la première fois, s’étant arrangé pour avoir grâce à la complaisance « savamment arrosée » du garde magasin son habillement complet.

Je t’écris de Campagne. Nous sommes venus surveiller les derniers préparatifs du banquet dont les convives augmentent d’une façon inquiétante. Nous avions cru compter très largement en disant 120 et nous en sommes à 150. Je viens d’aller à la recherche de nouveaux gigots, de 14 livres de bœuf et de 90 assiettes. Heureusement que Campagne est une ville de ressources !

Mme de B. et Élise[6] sont invitées au banquet. Ton papa a chassé malgré la pluie à la forêt de Nieppe Jeudi. J. et E.[7] sont allés d’Hazebrouck[8]  à Lille et revenus ce matin par Hazebrouck où ils ont passé la nuit.

Sept heures sonnent, il est temps de nous en aller. Je t’embrasse tendrement, cher petit ainsi que Michel[9]. Amitiés de tous pour vous deux.

Émilie

Notes

  1. Le docteur Edmond Arnould (1863-1953).
  2. Damas Froissart.
  3. Jacques Froissart et son épouse Élise Vandame.
  4. Henri Degroote, son épouse Lucie Froissart et leur 4 enfants : Anne Marie, Suzanne, Georges et Geneviève Degroote.
  5. Pierre Froissart, nouvellement incorporé à Douai.
  6. Probablement Thérèse Vandame, épouse de Xavier Bourguignon d'Herbigny et sa sœur Élise Vandame, épouse de Jacques Froissart.
  7. Jacques Froissart et son épouse Élise Vandame.
  8. Hazebrouck où habitent les Degroote.
  9. Michel Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Samedi 6 décembre 1913. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Campagne-lès-Hesdin), à son fils Louis Froissart (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_6_d%C3%A9cembre_1913&oldid=56148 (accédée le 11 août 2022).

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