Samedi 29 novembre 1913

De Une correspondance familiale



Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Brunehautpré), à son fils Louis Froissart (Paris)


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 Brunehautpré
Campagne-lès-Hesdin
Brimeux
Pas-de-Calais


29 Novembre                                  1913[1]

Mon cher Louis,

Il paraît que tu as été encore souffrant. C’est ennuyeux et ce début est vraiment fort déplaisant. Ne faudrait-il pas tâcher de trouver une cause à tes malaises ? tu ferais peut-être bien d’aller voir M. Arnould[2] dem Mardi. Peut-être aussi conviendrait-il de changer un peu ton hygiène, ou ton régime alimentaire. Sors-tu suffisamment et avec assez de régularité pour que ta santé en profite ? n’as-tu pas trop chaud dans l’appartement et n’es-tu pas, par suite, très disposé à te refroidir ? Il se peut très bien que cela se porte sur ton estomac.

Mets-toi de nouveau au régime sans viande le soir, cela t’avait réussi. Vois aussi si le chocolat du matin ne devrait pas être remplacé par un déjeuner moins lourd ? il importerait sans doute de ne pas l’ingurgiter si vite… pourquoi ne te le fais-tu pas servir dans ta chambre, aussitôt levé afin que tu puisses le prendre en plusieurs fois ?

As-tu repris l’escrime ou te contentes-tu de la danse ? J’ai surtout confiance dans la marche qui assure du même coup l’exercice et l’air.

Je me représente Pierre[3] en pantalon à basanes. Je voudrais bien le voir !

Nous allons demain dîner chez Max[4], à midi. Nous devons y rencontrer les Degroote[5].

Jacques[6] est très enrhumé et un peu patraque aussi. Il est cependant allé finir ses visites et j’espère qu’il ne sera pas privé de la réunion à Wizernes[7].

Dis à Michel[8] que ton papa le remercie de sa bonne lettre et qu’il a oublié de le remercier des opérations faites à la Société Générale et qui ont été très bien exécutées. Il lui écrira prochainement.

Je t’embrasse, cher petit, et t’engage à te soigner judicieusement, c’est à dire en t’éclairant sur la cause du mal et en modifiant tout ce qu’il faut pour y remédier.

Mille amitiés à Michel.

Émilie

Notes

  1. 1913, inscrit ultérieurement sous l'en-tête imprimé.
  2. Le docteur Edmond Arnould (1863-1953).
  3. Pierre Froissart, incorporé au 41e régiment d’artillerie à Douai (Nord) le 28 novembre 1913.
  4. Maximilien Froissart.
  5. Probablement Henri Degroote et son épouse Lucie Froissart.
  6. Jacques Froissart.
  7. Wizernes (Pas-de-Calais) où habitent les Dambricourt.
  8. Michel Froissart, fils de Damas Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Samedi 29 novembre 1913. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Brunehautpré), à son fils Louis Froissart (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_29_novembre_1913&oldid=56147 (accédée le 25 septembre 2022).

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