Mi-mai 1881-2

De Une correspondance familiale

Lettre de Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


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Je ne sais, mon cher Papa[1], si c’est la chaleur que nous avons depuis quelques jours qui dessèche l’encre dans tous les pays et qui par conséquent empêche d’écrire, mais ce qui est certain c’est que je suis devenue très paresseuse dans ma correspondance et que toi aussi tu ne nous as depuis longtemps donné de tes nouvelles ; j’espère que ce n’est pas mauvais signe et que tu continues à te bien porter.

Ici les santés sont parfaites, ma petite Jeanne[2] devient bien gentille, je crois que je ne t’écris pas sans te le répéter mais c’est pour moi toujours nouveau ; sa maman aussi se porte très bien, j’ai eu il y a deux jours un peu mal au pied, mon vilain ongle incarné qui recommençait à me jouer des tours, mais à présent il est en bonne voie et je marche sans y penser. J’ai eu la joie Vendredi à minuit de voir revenir mon cher Marcel[3] ; il a fait un excellent voyage, a pu terminer ses affaires comme il le désirait, ce qui est rare en ce moment, où n’entend parler de tous côtés que de fermes qu’on ne peut louer, les Allain[4] vont probablement faire valoir eux-mêmes Quincampoix !! Marcel donc a été plus heureux ; il est allé ensuite aux environs de Trouville chercher des maisons pour sa famille et après avoir regardé d’autres côtés il est revenu à Villers, le marché a été conclu ce matin avec la propriétaire, dame russe qui habite Paris ; nous serons un peu loin de la mer (ce que je désirais à cause de ma petite fille). 2 maisons l’une pour Louise[5], l’autre pour ma belle-mère[6] et nous ; Marcel de plus a l’idée que tu pourrais bien venir un peu de temps avec nous et il m’a chargée d’insister auprès de toi, tu sais si c’est de tout mon cœur que je l’appuie !! J’ai eu hier la visite de M. et Mme Rich[7] en tournée de visites de noce, ils sont restés peu de temps, Marie a une figure très contente qui fait plaisir, elle m’a paru avoir bonne mine et une taille de guêpe c’est peut-être à cause du contraste à côté de ma volumineuse personne. Hier soir nous avons dîné chez mon oncle Villermé[8], ce soir nous allons chez ma belle-mère où nous devons voir un cousin de Normandie en passage à Paris. Adieu, mon cher Papa, je t’embrasse de tout mon cœur.

Quand donc arriveras-tu ? ta fille qui t’aime énormément.

Marie

Les Rich partent aujourd’hui ou demain pour Émalleville.


Notes

  1. Lettre non datée, à situer après le voyage de Marcel de Fréville annoncé dans la lettre de mi-mai 1881-1.
  2. Jeanne de Fréville.
  3. Marcel de Fréville.
  4. Émile Allain , son épouse Alice Lebreton et leurs enfants.
  5. Louise de Fréville, épouse de Roger Charles Maurice Barbier de la Serre.
  6. Sophie Villermé, veuve d’Ernest de Fréville.
  7. Paul Henri Rich et son épouse Marie Berger.
  8. Louis Villermé.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Mi-mai 1881-2. Lettre de Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mi-mai_1881-2&oldid=35281 (accédée le 14 août 2022).

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