Mi-mai 1864

De Une correspondance familiale


Fragment de lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)


original de la lettre de mi-mai 1864 (fragment).jpg


contre le mal du pays[1] ; je ne puis plus me passer d’elles[2] et elles, si tu les voyais me manger. Mimi surtout a un tel bonheur à se blottir contre moi, à m’appeler maman, petite mère && à ne pas vouloir me quitter que tu devines si je les aime ces enfants et chacune répète tant que leur petite Mère[3] bénit la maison et que le bonheur ramené par moi dans son home est son œuvre que je jouis de ce qui m’est accordé sans croire porter atteinte à sa mémoire. Nous parlons souvent de Caroline avec Charles, c’est un nom que nous ne craignons pas de prononcer, nous sentons que loin de porter atteinte à notre affection mutuelle elle ne s’en trouve que plus resserrée par le souvenir de cette amie dont l’existence a été si intimement liée à la nôtre et dont Founichon a une véritable maladie, c’est qu’elle ne peut pas voir Cécile[4] quitter une demi seconde la chambre sans jeter des cris de désespoir, ce qui contrarie Cécile < > mais ça passera avec le temps, depuis 2 jours c’est moins. Je ne t’ai pas encore parlé de toi et combien j’en suis occupée ; j’ai été bien contente que vous soyez allés à Montmorency et que vous y retourniez pour les fêtes. Alphonse[5] travaille à ce qu’il paraît comme un cheval. Ce que c’est gai d’avoir en soi l’étoffe d’un grand homme il faut en subir les conséquences. Fais-lui toutes mes amitiés et dis-lui que Gribouille Crapautin parle souvent de lui et voudrait bien jouer encore avec ce bon oncle Alphonse. Mimi embrasse tante Aglaé comme elle embrasse Maman et ce n’est pas peu dire à pincettes dans le cou et fort fort ; et oncle Alphonse en taquineries. J’écris ce qu’on me dicte.

Je viens de recevoir le petit paquet de laine merci beaucoup.

Tu pourrais m’acheter 2 bonnes paires de ciseaux, pour tailler, l’autre plus petite pour mon < > ouvrage, je n’en ai pas.


Notes

  1. Depuis son mariage en avril avec Charles Mertzdorff, Eugénie Desnoyers a quitté Paris où elle vivait avec sa famille. Ce fragment non daté est à situer après le voyage de noces et avant la lettre du 24 mai, qui remercie pour les ciseaux demandés ici.
  2. Il s’agit de Marie (Mimi) Mertzdorff, née en 1859, et sa sœur Emilie (Founichon, Gribouille) née en 1861, filles du premier mariage de Charles.
  3. Caroline Duméril, première épouse décédée de Charles Mertzdorff.
  4. La bonne Cécile est attachée au service des fillettes depuis leur naissance.
  5. Alphonse Milne-Edwards, époux d’Aglaé.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mi-mai 1864. Fragment de lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mi-mai_1864&oldid=43118 (accédée le 6 octobre 2022).

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