Mercredi 1er novembre 1882 (B)

De Une correspondance familiale

Lettre de Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


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1er Novembre

Que de regrets j’ai depuis hier, mon Père chéri, d’avoir été si étourdie ! comment, je me dépêche de t’écrire le matin afin d’être bien sûre que ma lettre parte, je la descends pour lui trouver un timbre et j’arrive à la placer dans un petit coin de la chambre de Jeanne[1] où elle a langui jusqu’au soir ! n’est-ce pas désespérant ! je me réjouissais tant de penser que tu aurais un petit mot de nous ce matin pour ton jour de fête, et voilà que par une sottise sans exemple je manque tout ce que j’avais projeté ! si je n’avais pas l’excuse d’un fort reste de sommeil qui m’a poursuivie toute la journée je ne pourrais en prendre mon parti ; heureusement encore que nous avions envoyé la dépêche.

Nous voilà tout à fait réinstallés chez nous[2], je jouis beaucoup de toute ma petite maison que je retrouve, je combine des rangements, je voudrais que ce soit tout à fait bien dans un mois[3] : Depuis notre arrivée nous avons très beau temps j’espère qu’il en est de même à Vieux-Thann et que vous vous promenez ; que j’ai donc eu de plaisir à retrouver tous mes chers petits chemins de montagne ! Il me semble qu’il y a déjà bien longtemps que je vous ai quittés aussi j’aspire déjà à avoir de tes nouvelles, mon Père chéri, si tu savais comme je pense à toi !

Je ne vois rien à vous dire depuis ma lettre d’hier ; nous avons été à l’enterrement du jeune Hamel où nous avons retrouvé ma belle-mère[4] qui est venue ensuite nous faire une bonne visite, puis j’ai été à l’église. Ce matin nous avons été à la messe de 8 heures, nous venons de déjeuner et nous partons chez notre mère, tante V.[5] et Louise[6] ; Jeanne va nous accompagner. Je te quitte donc, mon cher petit papa en te demandant encore pardon de mon étourderie d’hier ; adieu, je t’embrasse de tout mon cœur ; j’envoie de tendres amitiés à oncle, tante[7], sœur[8], sans oublier bon-papa et bonne-maman[9].

Nous n’avons pas retrouvé le capuchon du manteau de voyage de Marcel[10], il doit être tombé du canapé de notre chambre où il était. Tante serait bien bonne de nous le rapporter. J’ai oublié aussi le pot d’onguent. Nos poires étaient arrivées 2 jours avant nous ; elles sont superbes et en parfait état. Merci encore.

Notes

  1. Jeanne de Fréville.
  2. Dans le pavillon de la rue Cassette.
  3. Pour la naissance attendue de Robert de Fréville.
  4. Sophie Villermé, veuve d’Ernest de Fréville (« notre mère »).
  5. Antonie du Moulin de La Fontenelle, épouse de Louis Villermé.
  6. Louise de Fréville, épouse de Roger Charles Maurice Barbier de la Serre.
  7. Alphonse Milne-Edwards et son épouse Aglaé Desnoyers.
  8. Émilie Mertzdorff.
  9. Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril.
  10. Marcel de Fréville.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Mercredi 1er novembre 1882 (B). Lettre de Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_1er_novembre_1882_(B)&oldid=41226 (accédée le 14 août 2022).

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