Mardi 2 octobre 1821

De Une correspondance familiale

Lettre d’Alphonsine Delaroche (Sceaux) à son mari André Marie Constant Duméril (Paris)

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255 H

Octobre 1821

Sceaux 2 Octobre

Je viens mon bon ami te raconter tout de suite que j’ai pris ce matin la médecine en question, les choses se sont passées fort bien, mais il me semble qu’elle n’a pas fait un effet aussi considérable que je l’aurais voulu ; j’ai pris pour toute nourriture dans la matinée un petit bouillon avec une bouchée de pain. Je suis restée au lit pendant l’effet de cette charmante drogue et j’ai pris force bouillon aux herbes. Je viens de dîner avec plaisir, et je ne me sens pas mal, mais un peu faible, et puis plus triste que je ne voudrais, j’étais mal entrain hier au soir, et j’ai passé (je ne sais pourquoi) une nuit un peu agitée.

Je ne suis pas encore décidée à aller demain chez Mme Theyre, il m’est désagréable d’aller deux fois de suite sur des invitations si fort occasionnelles. Octavie[1] pourra aller avec Mme deFrance, et elle aura de plus son frère qui à ce qu’il parait viendra et couchera à la maison.

Aujourd’hui Auguste[2] a été avec sa bonne amie[3] dîner à Fontenay chez Mme de Terangy, il a fait pour cela une petite toilette et je ne puis te dire combien il était gentil au moment de son départ.

J’ai eu hier une petite lettre de Constant[4] qui ne me dit point quel sera le moment de leur retour. Il paraît qu’ils sont assez contrariés par le temps, que pourtant ils s’amusent bien et se font des ressources dans l’intérieur de la maison. Si tu avais occasion de voir Mme Monod[5], tu pourrais probablement savoir l’époque de leur retour. Je compte écrire demain à ce cher enfant.

Adieu mon cher et bon ami. Je pense bien que tu auras su qu’Octavie revint hier avec Mme Defrance. Adieu encore je t’embrasse tendrement et me réjouis de jeudi puisque c’est le jour où je te vois. Je voudrais ce jour-là une demie-livre de thé vert de chez Marquis et un quart de thé noir, j’aimerais bien que françoise nous fît des gâteaux de milan jeudi, si cela ne se pouvait elle nous enverrait une douzaine de lecrelets[6].


Notes

  1. Octavie Say et son frère Alfred Say.
  2. Auguste Duméril, leur fils.
  3. Suzanne de Carondelet.
  4. Louis Daniel Constant Duméril, leur fils.
  5. Louise Philippine de Coninck, épouse du pasteur Jean Monod.
  6. Lecrelet : biscuit de pain d’épices, spécialité bâloise. Le mot lecrelet vient de l’allemand L'ecker qui signifie délicieux.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Madame Duméril Delaroche à son mari, p. 29-31)

Annexe

A Monsieur Duméril

rue du faubourg Poissonnière n° 3

à Paris

Pour citer cette page

« Mardi 2 octobre 1821. Lettre d’Alphonsine Delaroche (Sceaux) à son mari André Marie Constant Duméril (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_2_octobre_1821&oldid=40810 (accédée le 14 août 2022).

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