Mardi 16 décembre 1873 (A)

De Une correspondance familiale

Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Morschwiller) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)

original de la lettre 1873-12-16A page 1.jpg original de la lettre 1873-12-16A pages 2-3.jpg


Morschwiller 16 Xbre 1873.[1]

Mille remerciements, ma bien chère Aglaé, pour ta bonne lettre que j’ai reçue hier et à laquelle je m’empresse de répondre parce que je vois que tu es désireuse de ne pas tarder à être renseignée sur ce qui pourrait convenir à la petite Louise Soleil[2]. D’après ce que j’ai vu de sa toilette, je crois que c’est un petit manteau qui serait l’objet qui arriverait le plus à propos. J’aurais bien sondé ma sœur[3] à cet égard mais en raison des jours qui s’écouleraient pour te faire connaître sa réponse, ceci pourrait mener un peu tard pour l’offre du cadeau.

Combien nous jouissons, chère Aglaé, de tout ce que tu nous dis sur le caractère et la bonne nature de nos petites chéries[4]. Il y a là tant de conscience, de droiture, et d’honnêteté. Ô certainement leurs deux mères chéries[5] prient sans cesse pour elles. Cette amitié si tendre qu’elles ressentent l’une pour l’autre leur donnera des forces dans la vie, elles aiment à se consulter et cherchent toutes deux à faire le bien autant qu’il est possible, puis aidées par tes sages conseils, elles auront un bon jugement qui leur permettra de se rendre bien compte de tout ce qu’elles verront.

Que tu as raison, ma chère Aglaé, de laisser dormir notre petite Marie, grandissant comme elle le fait, elle a besoin de beaucoup de sommeil. Il est certes très essentiel de donner aux enfants le goût du travail et de l’occupation, mais en faisant toujours la part de la santé, ceci est bien la pensée que toi, Caroline et Eugénie vous aviez toutes trois dans ces douces et bonnes conversations que vous aviez ensemble.

Tu me dis, ma chère enfant, de me bien soigner, sois tranquille, je le fais et ma santé est redevenue très bonne. Mais c’est moi qui viens te prier de ne pas toujours t’oublier pour les autres, nous t’aimons tant et serions si heureux de te voir moins maigre.

Adieu chère et bonne Aglaé je t’embrasse bien fort ainsi que nos chéries.

Mille choses affectueuses autour de toi, à tes chers parents[6] et à tes bonnes sœurs[7].

Félicité Duméril

Demain nous aurons le plaisir de dîner ici avec Charles[8].


Notes

  1. Lettre sur papier deuil.
  2. Louise Soleil est la filleule de Marie Mertzdorff.
  3. Eugénie Duméril, veuve d’Auguste Duméril, grand-mère de Louise Soleil.
  4. Marie et Emilie Mertzdorff.
  5. Caroline Duméril (†) et Eugénie Desnoyers (†), première et seconde épouses de Charles Mertzdorff.
  6. Jules Desnoyers et son épouse Jeanne Target.
  7. Les belles-sœurs d’Aglaé : Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille et Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  8. Charles Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mardi 16 décembre 1873 (A). Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Morschwiller) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_16_d%C3%A9cembre_1873_(A)&oldid=40731 (accédée le 15 août 2022).

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