Mardi 13 octobre 1903

De Une correspondance familiale



Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris)


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Douai, 13 8bre

Ma Chérie,

Tu dois trouver que je te délaisse singulièrement. Mais tu sais ce que sont ces premiers jours d’installation où l’on a à organiser les leçons, la maison, faire vite quelques visites & Nos leçons de chant vont s’arranger avec une maîtresse de Lille qui viendra passer ici l’après-midi du Samedi. Nous avons recruté, non sans bien des démarches écrites ou verbales, 6 élèves, c’est assez pour commencer. Lucie[1] va avoir un cours de dessin très sérieux deux fois par semaine 2h. Le piano suit son cours habituel avec solfège et harmonie. Lucie aura encore chez Mlle Rolez 3 cours d’histoire et littérature et un cours de chimie. Nous devons ajouter à cela l’anglais. Pour l’allemand je vais chercher une maîtresse capable de lui faire faire de la littérature. Tu vois qu’elle aura une vie bien occupée, c’est ce qu’il faut. Je te donne tous ces détails pensant qu’ils intéresseront M. Th[2]. Je suis la plus discrète des tantes et ne laisse rien soupçonner de ce qui, cependant, occupe bien mon esprit.

Nous avons ce matin de bonnes nouvelles de J[3]. Malgré quelques brimades ou taquineries des anciens, il paraît content de son sort et je crois qu’il aime mieux être là qu’à Passy. Ses heures de parloir sont le Mercredi de midi ½ à 1h20 et le Dimanche de midi ½ à 1h45. C’est aussi gênant que possible ! inutile de le demander un autre jour de la semaine. Il aura des sorties réglementaires pour lesquelles la conduite seule compte et pourra en obtenir de supplémentaires par de très bonnes notes de travail.

Merci de tout ce que tu me dis de notre cher Jean[4]. J’espère bien le voir avant son départ. Nous voudrions qu’il vienne ici.

Je t’écris en compagnie de la gentille petite Mme Dupont[5] ; son mari manœuvre depuis hier aux environs et ne rentre que ce soir. Aussi l’avons-nous eue à dîner hier et déjeune-t-elle avec nous ce matin.

Adieu ma petite Mie, je t’embrasse de tout mon cœur ainsi que tes chères filles[6]. Mille amitiés à tes messieurs[7] et recevez tous celles de Damas[8].

Émilie


Notes

  1. Lucie Froissart (17 ans).
  2. Marie Thérèse de Fréville (16 ans).
  3. Jacques Froissart, pensionnaire à l'École Sainte-Geneviève (Paris).
  4. Jean Froissart.
  5. Probablement Hélène Barroux, qui a épousé, en février 1903, Marc Ghislain Dupont, officier d'artillerie.
  6. Marie Thérèse et Françoise de Fréville.
  7. Marcel de Fréville et ses fils.
  8. Damas Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Mardi 13 octobre 1903. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_13_octobre_1903&oldid=56521 (accédée le 9 août 2022).

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