Lundi 9 octobre 1876

De Une correspondance familiale

Lettre de Marie et Emilie Mertzdorff (Paris) à leur père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


Paris le 9 Octobre 1876.

Mon Père chéri,

Merci mille fois pour ton bon petit mot reçu ce matin et qui nous dit que ton voyage s’est bien passé. Nous avons bien pensé à toi, je t’assure c’est si bon d’être ensemble ! J’espère que tu vas trouver tout là-bas suivant ton désir afin que cela t’engage à renouveler cette longue absence.

Ici comme tu t’en doutes déjà, nous allons tous bien ; tante[1] se remet de son indisposition et est un peu moins fatiguée ; oncle[2] est rentré hier soir très content de sa petite expédition à Gisors où il a trouvé tout le monde bien, Jean[3] cependant continue à avoir un peu mal à la gorge et n’a pas très bonne mine ce qui ennuie bien tante[4].

Hier comme nous étions absolument seules nous avons été à Bellevue voir Mme Baudrillart[5] nous projetions cette course depuis près de deux ans et jamais nous n’étions venues à bout de l’exécuter. Aussitôt après la messe nous avons pris le tramway à vapeur qui passe près de Saint-Médard et qui nous a déposés à la gare Mont Parnasse, tante Louise[6] nous avait donné Marthe[7]. Le 1er trajet s’est bien passé ; c’est vraiment incroyable de voir cette voiture qui marche toute seule et qui s’arrête au moindre signe, on va réellement plus vite qu’en omnibus et avec beaucoup moins de secousses, je suis sûre que ce système de locomotion t’intéressera à voir.

Nous nous sommes beaucoup amusées à Bellevue où nous avons trouvé tout le monde.

Marie[8] vient de sortir avec tante, et oncle va me mener chez tante Louise où tante et Marie viendront me rechercher. Je te dis donc adieu en même temps que bonjour mon petit père chéri et je vous embrasse tous comme je vous aime.

Emilie    

Je suis bien contente que tu aies fait ton voyage sans trop de fatigue.

Marie est allée prendre sa douche puis de là chez Mlle Duponchel[9] pour lui demander de reprendre ses leçons le plus tôt possible et enfin elle doit faire beaucoup d’autres courses.
Je t’écris sur la console en bas en attendant oncle et tu excuseras la saleté de ma lettre car la plume est détestable et j’ai des gants.

Adieu, voilà mon oncle qui descend.


Notes

  1. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  2. Alphonse Milne-Edwards.
  3. Jean Dumas.
  4. Possiblement la mère de Jean Dumas, Cécile Milne-Edwards, épouse de Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  5. Félicité Silvestre de Sacy, épouse d’Henri Baudrillart.
  6. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  7. Marthe Pavet de Courteille.
  8. Marie Mertzdorff.
  9. Marie Louise Duponchel, professeur de dessin.

Notice bibliographique

D’après l’original

Annexe

Monsieur Ch. Mertzdorff
Vieux-Thann
Haute-Alsace

Pour citer cette page

« Lundi 9 octobre 1876. Lettre de Marie et Emilie Mertzdorff (Paris) à leur père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_9_octobre_1876&oldid=40642 (accédée le 8 août 2022).

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