Lundi 27 juillet 1801, 8 thermidor an IX

De Une correspondance familiale

Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à sa mère Rosalie Duval (Amiens)

Original de la lettre 1801-07-27-page1.jpg Original de la lettre 1801-07-27-page2.jpg Original de la lettre 1801-07-27-page3.jpg


n° 136

Maman,

Madame Cumont[1] m'a mis hier la lettre dont vous l'aviez chargée. Vous avez dû voir par ma dernière que je l'attendais avec impatience. Je vous remercie des détails que vous m'avez donnés, quoiqu'ils ne soient pas du tout satisfaisants. La conduite de M. B.[2] m'a beaucoup surpris et chagriné et j'ai été vraiment fâché d'apprendre tous les détails de votre conversation[3]. Ce n'est point un marché que je fais et j'ai eu tout lieu d'être étonné qu'on puisse traiter ainsi d'une affaire que j'ai toujours regardée d'un autre œil. Comment avez-vous pu croire que je me déciderais à demander des fonds pour tel ou tel achat, quand vous avez vu vous-même combien je souffrais à Paris d'être obligé de demander les choses les plus essentielles ? J'ai cru que vous m'éviteriez ce désagrément et je vous déclare que je suis décidé à y être absolument étranger. Faites connaître à cet égard ma volonté à M. B. Car si sa fille m'en parlait, ce à quoi j'ai peine à croire qu'elle puisse consentir, cela me ferait beaucoup de peine.

J'ai été un peu malade ces jours-ci. j'ai été repris de migraines ; mais j'espère que cela n'aura pas de suite. Je m'occuperai si je peux aujourd'hui de la pendule de ma tante Basilice[4].

Mlle B. ne m'a écrit que deux fois depuis dix jours et je n'ai pas encore d'elle de réponse positive. Je ne vous cache pas que je suis très fâché que cette affaire soit entamée. Je m'en suis fait une si douce espérance que je souffre beaucoup de la voir en suspens.

Adieu, écrivez-moi au moins, faites-le plus souvent. j'ai besoin de consolation. Je remercie Reine et Désarbret[5] de leur bon souvenir. Je vous embrasse.

Votre fils C.D.

le 8 thermidor an 9


Notes

  1. Anne Thérèse Dorothée Vatblé, épouse de Jean Baptiste Cumont.
  2. M. Brasseur.
  3. André Marie Constant Duméril fait ici allusion à son projet de mariage avec la fille de M. Brasseur.
  4. Basilice Duval, jeune sœur de Rosalie.
  5. Reine et Joseph Marie Fidèle dit Désarbret, sœur et frère d’André Marie Constant Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril, 2ème volume, p. 93-94)

Annexe

À Madame Duméril

petite rue Saint Rémy n°4804

A Amiens

Département de la Somme

Pour citer cette page

« Lundi 27 juillet 1801, 8 thermidor an IX. Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à sa mère Rosalie Duval (Amiens) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_27_juillet_1801,_8_thermidor_an_IX&oldid=40472 (accédée le 4 février 2023).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.