Lundi 17 juillet 1893

De Une correspondance familiale




Lettre d'Alphonse Milne-Edwards (Paris) à ses nièces Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville et Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (château de Livet dans l'Orne)


Fs1893-07-17 pages1-4 Alphonse.jpg Fs1893-07-17 pages2-3 Alphonse.jpg


17 Juillet[1]

Mes chères filles

Il est rare que je puisse ainsi adresser une lettre collective aux deux sœurs et je profite de la circonstance car ayant reçu des nouvelles des deux Sources je ne saurais à laquelle aller d’abord. Je comprends bien le plaisir que vous devez avoir à être ainsi ensemble et toutes l’une à l’autre, sans personne pour vous déranger, sans visites à faire ou à recevoir, sans emplettes aux magasins du Louvre ou du bon Marché, sans séances de Dentiste, etc. etc.

Si j’avais été moins occupé au mois de Juillet et si Livet avait eu un coin disponible je n’aurais pas résisté au désir d’aller vous voir toutes les deux. Il y a si longtemps que cela ne m’est arrivé que je l’aurais trouvé très doux. Mais le voyage est encore long et je vais avoir la Session du Conseil supérieur de l’Instruction publique qui s’ouvre Mercredi !

J’arrive de Launay où tout marche bien, les santés sont bonnes, les enfants très gentils et les parents contents[2]. Jean grogne parce que la pluie gêne la Moisson, cependant elle fait verdir l’herbe, ce qui console.

J’ai trouvé en arrivant la lettre de Marie, puis un mot de Damas[3] écrit à la maison au moment de son passage, enfin Marcel[4] m’a fait dire par le Téléphone qu’il viendrait déjeuner demain. Madame Dumas[5] doit rentrer ce soir à 8 heures.

Je vous embrasse très tendrement et vous prie de distribuer caresses et baisers à toute la petite horde[6]

AME


Notes

  1. Lettre sur papier deuil ; l'année 1893 est proposée d'après la date du Conseil supérieur de l’Instruction publique.
  2. Jean Dumas, son épouse Marthe Pavet de Courteille et leurs enfants : Cécile, Louise Marie et Daniel Dumas.
  3. Damas Froissart.
  4. Marcel de Fréville.
  5. Cécile Milne-Edwards, veuve d'Ernest Charles Jean Baptiste Dumas et sœur d'Alphonse.
  6. Marie est mère de Jeanne, Robert, Charles, Marie Thérèse et Françoise de Fréville et Émilie est mère de Jacques, Lucie, Madeleine et Michel Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Lundi 17 juillet 1893. Lettre d'Alphonse Milne-Edwards (Paris) à ses nièces Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville et Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (château de Livet dans l'Orne) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_17_juillet_1893&oldid=53240 (accédée le 15 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.