Jeudi 8 mars 1877

De Une correspondance familiale


Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Félicité Duméril (épouse de louis Daniel Constant Duméril) (Vieux-Thann)


original de la lettre 1877-03-08 pages 1-4.jpg original de la lettre 1877-03-08 pages 2-3.jpg


Mercredi [soir] 8-3-77

Chère bonne-maman,

J’ai été trop heureuse de faire la connaissance de Mademoiselle Stackler[1] pour ne pas venir vous dire combien elle nous a paru gentille, simple et aimable, enfin combien elle nous a plu ; sa mère[2] paraît une femme de jugement et le temps m’a paru fort court près d’elle. Enfin, chère bonne-maman, vous devez être bien contente, et la joie de Léon doit vous rendre bien heureuse.

Combien je me réjouis à la pensée de vous voir promptement, je dis promptement car il est probable que nous partirons pour Vieux-Thann vers le 24 Mars afin de passer près de vous avant le mariage de Léon, le temps que nous voulions vous consacrer après ; car le mariage de Noël[3] doit se faire aussi dans la semaine de Quasimodo et nous n’aurons que le temps de mettre nos robes dans les caisses pour venir les endosser à Paris. Je crois que le chapeau noir avec des fleurs blanches serait ce qui vous conviendrait le mieux. Charles[4] vous racontera les ce qui a été décidé pour votre robe, et je suis sûre que vous approuverez. Maman[5] m’a proposé son mantelet de guipure ; je vais le regarder avec soin et s’il nous paraît tout à fait bien je vous le porterai. Notre bonne mère serait bien heureuse s’il pouvait vous servir pour cette grande cérémonie qui la touche tant. Dans le cas où il ne me paraîtrait pas à la mode, il nous semble que le mieux serait que vous fassiez [monter] un châle avec les dentelles d’Eugénie[6] qui sont dans son armoire à glace. C’est complètement l’avis de Charles. On m’a promis votre parure pour hier, j’espère qu’on ne sera pas trop en retard et que Charles pourra s’en charger Vendredi.

Combien vous êtes bonne de toujours penser à me faire un ouvrage ; je vous assure que l’objet me fait bien grand plaisir, et que l’attention me touche profondément ; je suis confuse de toujours recevoir et de ne pas trouver le temps de vous faire quelque chose. Je vous assure que je pense bien à vous et que je vous aime bien tendrement.

Nous espérons voir Léon et ces dames Stackler demain soir. La jeunesse doit [chanter] et nous désirons beaucoup les avoir et leur faire faire connaissance avec mes belles-sœurs[7].

Il est un peu tard, tout le monde dort, je vous demande la permission, chère bonne-maman, d’aller en faire autant après vous avoir embrassé bien fort ainsi que bon-papa[8].
A.M. Edwards

Surtout si vous avez quelques commissions à faire, dites-le moi je serais bien contente de les faire.


Notes

  1. Marie Stackler, future épouse de Léon Duméril.
  2. Marie Stéphanie Hertzog, veuve de Xavier Stackler.
  3. (Jean Baptiste) Noël Dumas va épouser Louise de Tournemine.
  4. Charles Mertzdorff.
  5. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  6. Eugénie Desnoyers (†), seconde épouse de Charles Mertzdorff.
  7. Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas et Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  8. Louis Daniel Constant Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Jeudi 8 mars 1877. Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Félicité Duméril (épouse de louis Daniel Constant Duméril) (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_8_mars_1877&oldid=40169 (accédée le 17 août 2022).

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