Jeudi 7 février 1918 (A)

De Une correspondance familiale


Carte-lettre d’Emilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (entre Paris et Campagne-lès-Hesdin) à son fils Louis Froissart (mobilisé)


original de la carte-lettre 1918-02-07A.jpg original de la carte-lettre 1918-02-07A (adresse).jpg


Entre Paris et Brunehautpré Jeudi[1]

Mon cher enfant, il faut décidément faire place à la mission américaine[2] et nous partons pour vider une fois de plus nos armoires et mettre quelques objets à l’abri des pieds, des mains ou des yeux indiscrets. Tu recevras peut-être avant cette lettre un beurre patriotique et quelques truffes en chocolat qui t’intrigueront. C’est un souvenir de la vente de Saint-Hippolyte à laquelle je fus hier. J’ai vu Li. L.[3] devenue une charmante et élégante dame Berveiller, ce qui lui sied à merveille. Mme Corpet[4] qui paraissait plus mince que jamais, sa petite toque ne dessinant même aucun élargissement de chapiteau à la colonne fuselée qu’elle représente assez bien. Vu M. le Curé[5] très affairé pour arriver à parler à toutes les clientes, M. l’Abbé[6] moins assailli avec qui j’ai pu causer un instant, la gracieuse Mme Co[7] que je ne reconnaissais pas. La rondelette Mme Chantre[8] qui tenait la caisse et s’apprête à aller faire une visite à Guérigny. Mlle Marie toujours bonne et active qui m’a recommandé son beurre tout frais et répond de la qualité des truffes faites sous sa direction. Nous avons reçu dans la nuit de mardi à mercredi (de 10h1/2 à minuit ½) la visite de M. Daum[9]. J’en ai eu la meilleure impression et ton père[10] aussi, bien que la confirmation des chiffres déjà connus ait été un peu [pénible]. Quant à l’avenir de l’usine il n’en peut rien dire actuellement et l’on sent si bien qu’il a horreur de tout ce qui peut [sentir] le bluff.

Je t’embrasse tendrement,

Emy


Notes

  1. Mention de l’expéditrice : « MmeFroissart à Campagne-lès-Hesdin ».
  2. Voir la lettre du 4 février.
  3. Pauline (dite Lily) Ledru, qui a épousé Jacques Berveiller en décembre 1917.
  4. L’épouse de Jean Corpet, Madeleine Puiseux (ou bien sa mère Fanny Doublet ?).
  5. Jérôme Labourt, curé de Saint-Hippolyte.
  6. L’abbé Marcel Pératé.
  7. Géraldine de Bouteiller, épouse de Maxence de Colleville.
  8. Probablement Marguerite Bouvet, épouse de Paul Chantre et belle-mère de Louis Arène (plutôt que Anne Marie Chantre, épouse de Louis Arène).
  9. Antonin Daum.
  10. Damas Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original

Annexe

[Me] [  ] [Tanpey][1]
4146
Date de nomination
26 mai [1916]

Aspirant Froissart[2]
50e régiment d’Artillerie 4e Batterie
secteur postal 113

Pour citer cette page

« Jeudi 7 février 1918 (A). Carte-lettre d’Emilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (entre Paris et Campagne-lès-Hesdin) à son fils Louis Froissart (mobilisé) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_7_f%C3%A9vrier_1918_(A)&oldid=55414 (accédée le 19 août 2022).

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