Jeudi 2 novembre 1899

De Une correspondance familiale




Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris)


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Douai, 2 Novembre[1]

Ma chère Marie,

Si le ménage Grisard[2] faisait comme nous, il aurait de grandes chances de rester toujours d’accord. À peine suis-je de retour[3] que Damas[4] repart. Je suis encore un peu ébahie de me trouver seule tant son départ a été vite décidé ce soir : voyant devant lui quelques jours très libres, il en a bien vite profité pour aller chasser demain [chez nos] Cousins, passer ensuite une journée à Bamières et 2 à Campagne, Brunehautpré et Dommartin, il rentrera Mardi soir.

Notre journée d’hier a été bien bonne, c’est toujours une grande joie de se trouver tous au complet[5]. Malheureusement Michel s’est réveillé hier avec la gorge un peu rouge et il a passé sa journée au lit.

Notre cher petit collégien va très bien, il était tout heureux de se trouver à la maison et en jouissait bien. Il conserve sa bonne mine.

J’espère que la plus grande activité a régné aujourd’hui dans mon appartement et que les peintres et les colleurs y ont fait des miracles, mais je n’ose pas trop y compter, et je crains que tante Cécile[6] trouve ce malheureux appartement encore dans le gâchis. Sais-tu si Marthe[7] se propose de faire allumer du feu dans la chambre de sa belle-mère, tu ferais peut-être bien d’y veiller : il me semble qu’on rendrait la chambre habitable en retirant le canapé qui l’encombre. Que je la plains, cette pauvre tante Cécile, d’arriver dans ce taudis !

Comme cette journée que nous avons passée ensemble a été bonne, n’est-ce pas ma chérie ? Quel dommage de ne pas pouvoir nous voir très souvent ! enfin !.... ce serait peut-être trop de bonheur ?...

Adieu ma petite Mie, je t’embrasse comme Mercredi et je te charge de toutes mes amitiés pour tous.

Vous voilà enfin réunis pour de bon et au complet pour longtemps.

Émilie


Notes

  1. Lettre sur papier-deuil.
  2. François Émile Grisard et son épouse (séparée) Marie Soleil.
  3. Émilie Mertzdorff-Froissart est venue à Paris pour le repas de fiançailles d'Hélène Duméril avec Guy de Place.
  4. Damas Froissart.
  5. Au complet: avec les six enfants : Jacques (le « petit collégien »), Lucie, Madeleine, Michel, Pierre et Louis Froissart.
  6. Cécile Milne-Edwards, veuve d'Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  7. Marthe Pavet de Courteille, épouse de Jean Dumas.   

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Jeudi 2 novembre 1899. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_2_novembre_1899&oldid=54087 (accédée le 15 août 2022).

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