Dimanche 6 juin 1880

De Une correspondance familiale


Lettre de Félicité Duméril (épouse de Louis Daniel Constant Duméril) (Vieux-Thann) à sa petite-fille Marie Mertzdorff (épouse de Marcel de Fréville)(Paris) – avec transcription ultérieure de Ludovic Damas Froissart (en italique)

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Vieux-Thann 6 Juin 1880.

Ma bien chère enfant,

Vous voilà bien contents, toi et Marcel[1], de revoir votre excellent père[2] qui a dû arriver hier soir à Paris. Par la pensée nous vous voyons tous réunis et nous jouissons en vous suivant dans ta jolie demeure[3] que toi et Marcel serez si contents de faire connaître à ce père dont le dévouement à ses enfants n’a pas de bornes, il te dira que notre chère belle-fille[4] continue à se trouver dans un état des plus satisfaisants, c’est aujourd’hui qu’elle a la permission de se mettre sur une chaise longue, c’est te dire que peu à peu elle reprendra sa vie habituelle comme toujours elle est enchantée quand on lui apporte des nouvelles sur tous les membres de la famille à laquelle elle s’intéresse si vivement, sa petite Hélène[5] fait chaque jour quelques nouveaux progrès, son babil et ses réflexions t’amuseraient bien. Il nous tarde de savoir comment vont les yeux de M. Edwards[6], nous pensons beaucoup à lui, à la privation qu’il éprouve de ne pouvoir ni lire ni écrire, lui dont la vie est si laborieuse si remplie par le travail de tête. Nous faisons bien des vœux pour que sa vue s’améliore, nous sommes occupés de M. Edwards comme on l’est d’une personne à laquelle on porte autant d’attachement que de respect et ton excellente et dévouée tante[7] comment va-t-elle ? je crains toujours de la voir dépasser de beaucoup la mesure de ses forces, embrasse-la bien fort pour moi ainsi que ma petite Émilie[8]. J’ai reçu hier une bonne lettre de Clotilde[9] qui me parle du contentement qu’ils ont tous éprouvé par leur réunion de famille à Moulins, en effet mon frère[10] a eu la vive satisfaction d’être entouré dans le même moment de ses enfants[11] et petits-enfants ; Marguerite[12] étant retournée avec son père[13] à Tonnerre pour y reprendre son travail à l’École a été prise dès son arrivée par la rougeole, la petite Caroline[14] afin d’échapper à la contagion est restée à Moulins où elle a été particulièrement [chargée] par ses tantes[15], toutes 2 si douces et si aimables Clotilde me dit aussi que le ménage Georges allait partir pour Paris et faire quelques excursions avant de revenir en Alsace, j’espère donc que vous aurez le plaisir de le voir. Je suis sûre ma bonne petite Marie que tu as éprouvé du contentement de parler à Marcel de ma cousine germaine Fidéline Vasseur dont la vie a été si bien remplie par le travail, la résignation, la confiance en Dieu, elle, et ses frères et sœurs[16] présentent un bel exemple par la façon dont ils se comportent les uns vis-à-vis des autres. Après de grandes épreuves et un grand labeur ils ont aujourd’hui du repos et de la tranquillité d’esprit. Dans peu d’années j’espère que ma chère cousine Fidéline prendra à son tour ce repos dont elle a si grand besoin. Adieu ma bien chère enfant reçois avec ton mari l’expression de [nos] tendres sentiments et rappelle-nous je te prie au bon souvenir de M. de Fréville[17] et de [sa mère[18]].
Félicité Duméril

Quand tu verras Madame Roger[19], dis-lui bien des choses.
Lorsque tu pourras nous envoyer quelques lignes, tu nous feras bien plaisir. As-tu eu la visite de Lucas[20] ?


Notes

  1. Marcel de Fréville.
  2. Charles Mertzdorff.
  3. Un pavillon rue Cassette.
  4. Marie Stackler, épouse de Léon Duméril, qui a fait une fausse-couche.
  5. Hélène Duméril.
  6. Henri Milne-Edwards.
  7. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  8. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  9. Clotilde Duméril, épouse de Charles Courtin de Torsay.
  10. Charles Auguste Duméril.
  11. Clotilde, Paul Duméril (époux de Marie Mesnard) et Georges Duméril (époux de Maria Lomüller).
  12. Marguerite Courtin de Torsay.
  13. Charles Courtin de Torsay.
  14. Caroline Courtin de Torsay.
  15. Marie Mesnard et Maria Lomüller.
  16. Voir la famille Vasseur.
  17. Marcel de Fréville.
  18. Sophie Villermé, veuve d’Ernest de Fréville.
  19. Louise de Fréville, épouse de Roger Charles Maurice Barbier de la Serre ?
  20. Lucas, domestique pressenti.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Dimanche 6 juin 1880. Lettre de Félicité Duméril (épouse de Louis Daniel Constant Duméril) (Vieux-Thann) à sa petite-fille Marie Mertzdorff (épouse de Marcel de Fréville)(Paris) – avec transcription ultérieure de Ludovic Damas Froissart (en italique) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_6_juin_1880&oldid=42412 (accédée le 14 août 2022).

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