Vendredi 6 août 1909 (B)

De Une correspondance familiale



Lettre de Damas Froissart (La Bourboule), à son fils Louis Froissart (Coblence en Allemagne)


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La Bourboule vendredi soir

6 août 09

mon cher Louis,

Nous avons été bien heureux de recevoir ta lettre, la toute petite carte postale qui la précédait ne nous ayant même pas permis de deviner quelle est ton adresse : ta lettre est arrivée ce matin une heure avant que la dislocation de la famille se produisit par le départ de ta mère[1] accompagnée de Madeleine et Michel[2], partie pour les pyrénées. Ta mère et Michel seront demain à midi deux heures à Cauterets où tu peux leur écrire poste restante tant que tu n'auras pas d'adresse : ils auront, chemin faisant, déposé Madeleine à Tarbes entre les mains des Compadre[3].

Nous avons lu avec beaucoup d'intérêt ce que tu nous dis de ton installation : te voilà dans la grande ville de Coblentz[4] ; J'espère que tu es dans un quartier bien aéré et que tu y respireras aussi bien qu'à la Campagne : la ville n'est pas tellement grande d'ailleurs qu'on ne puisse y jouir de la Campagne.

Je me souviens qu'une rivière ?? s'y jette dans le rhin au pied de la statue de Guillaume[5] et qu'il y a à côté de Coblentz, un château fort appelé [Herenbreuten][6] (ou quelque chose comme cela). Nous y avons visité une église intéressante, nous y avons aperçu un jardin public et C'est tout.

Sais-tu quelle est l'occupation de m Kreyer père ? Je suppose qu'il a une profession.

Je présume aussi que la famille est catholique. De quel collège vient l'autre pensionnaire de la maison dont tu nous parles. As-tu beaucoup de mal à Comprendre et à te faire comprendre en allemand.

Nous allons tous bien. Nous essayons de faire des progrès comme chauffeur : Jacques[7] et Georges[8] passeront peut-être l'examen[9] cette semaine – moi je ne m'y présente pas. Nous avons fait comme grande excursion un voyage à Clermont et hier l'ascension, à pied, du Sancy.

Nous avons bien souvent pensé à toi mon bon petit Louis et nous étions désolés que tu ne nous donnes pas tous les jours tes impressions de voyage : tout nous intéresse quand tu y es. Tu pourras nous écrire tes souvenirs de ce Voyage

Sais-tu quel est le domicile le plus habituel de M. l'abbé Baey[10] ? Fais-lui quand tu le verras, nos respectueux Compliments. Nous sommes bien heureux de te savoir près de lui.

Je suis ici, avec Jacques et Pierre[11], jusqu'au 15 août

Petit à petit tout le monde (Sauf Pierre et ta mère) s'est mis à boire de l'eau, à prendre des bains etc. Je t'embrasse. Écris-nous très souvent

D Froissart


Notes

  1. Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart.
  2. Madeleine et Michel Froissart, sœur et frère de Louis.
  3. Abel Compadre et son épouse Marguerite Marie Peltier.
  4. Coblentz, orthographe mi-française (Coblence), mi-allemande (Koblenz).
  5. Guillaume Ier, roi de Prusse, empereur d’Allemagne (1797-1888).
  6. La forteresse d'Ehrenbreitstein, en face de la ville de Coblence.
  7. Jacques Froissart.
  8. Georges Bénard ?
  9. Examen de chauffeur.
  10. Probablement Jules Elie Baey, qui enseigne au collège Saint-Jean de Douai.
  11. Jacques et Pierre Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Vendredi 6 août 1909 (B). Lettre de Damas Froissart (La Bourboule), à son fils Louis Froissart (Coblence en Allemagne) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_6_ao%C3%BBt_1909_(B)&oldid=56621 (accédée le 7 août 2022).

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