Vendredi 4 janvier 1867

De Une correspondance familiale

Lettre de Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers (Paris) à sa petite-fille Marie Mertzdorff (Vieux-Thann)

original de la lettre 1867-01-04 pages1-4.jpg original de la lettre 1867-01-04 pages2-3.jpg


4 Janvier 1867

Ma Chère petite Mimi,

Ta bonne et gentille lettre nous a fait grand plaisir à ton bon-papa[1] et à moi, tout d’abord pour les bons souhaits que ton petit cœur nous exprime si bien, puis pour les progrès que tu as faits en écriture, cela seul nous prouverait combien tu t’appliques à bien faire tout ce que t’enseigne ta petite maman[2], dans le but de lui être agréable. Continue ma chère petite-fille. C’est le moyen de nous prouver combien tu es heureuse d’avoir la petite maman que tu nous remercies si gentiment de t’avoir donnée.

Nous avons aussi été bien contents de ce que nous dit notre petite Founi[3], nous l’embrassons de tout cœur. Ou plutôt embrassez-vous mutuellement en notre nom.

Ce que contenait la caisse vous a fait plaisir ; notre but est rempli. C’est une joie pour nous que de vous adresser ces petites choses.

Dis Dis à ta petite maman, que par ce temps froid, il faut qu’elle fasse faire sa robe de drap.

Tante Aglaé[4] est sortie pour chercher la coiffure et l’expédier de suite.

Elle est bien enrhumée cette petite marraine, c’est un cadeau du jour de l’an, il a fait si vilain temps ce jour-là, et pas de voitures !...

Moi, ma petite Mimi, je garde la chambre pour suivre les bons conseils de tous ceux qui m’aiment. Tu vois comme je suis obéissante. Je t’assure pourtant que cela ne m’amuse pas.

Oncle Julien[5] que tu aimes tant n’est pas encore rentré de l’Ecole, à son arrivée il trouvera la lettre de ta petite maman. Je voudrais hâter son retour.

J’ai beaucoup de commissions à te donner, dont tu te chargeras, j’en suis sûre, avec grand plaisir : d’embrasser ta petite maman, ton petit papa[6], ta Founi.

Dire de bien aimables choses à bonne-maman Mertzdorff[7].

Si tu vois bonne-maman Duméril[8], l’embrasser aussi de ma part, sans oublier bon-papa Duméril et oncle Léon[9].

Adieu, ma chère petite Mimi, bon-papa te fait de bonnes caresses, et tous deux nous t’aimons beaucoup beaucoup. Ta bonne-Maman

A Desnoyers

fais bien des compliments à la bonne Cécile[10].


Notes

  1. Jules Desnoyers.
  2. Eugénie Desnoyers, seconde épouse de Charles Mertzdorff.
  3. Founi, Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  4. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards, marraine de Marie.
  5. Julien Desnoyers.
  6. Charles Mertzdorff.
  7. Marie Anne Heuchel, veuve de Pierre Mertzdorff.
  8. Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril.
  9. Léon Duméril.
  10. Cécile, bonne des petites Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Vendredi 4 janvier 1867. Lettre de Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers (Paris) à sa petite-fille Marie Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_4_janvier_1867&oldid=36034 (accédée le 29 septembre 2022).

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