Samedi 20 et dimanche 21 avril 1867

De Une correspondance familiale

Lettre d’Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) à Marie Mertzdorff (Vieux-Thann)

original de la lettre 1867-04-20 pages1-4.jpg original de la lettre 1867-04-20 pages2-3.jpg


Il est bien juste, mon cher petit chat, qu’après t’avoir grondée de ta paresse je vienne te remercier de tes bonnes et gentilles lettres qui m’ont fait tant de plaisir[1]. Te voilà donc une grande fille ; j’aurais été bien contente de t’embrasser le jour de tes 8 ans et d’assister à la petite scène que tu me racontes ; du reste la fidélité de ton récit m’a pendant quelques instants transportée à Vieux-Thann dans cette chère maison au milieu de vous tous.

Les petites Duval[2] vont mieux ; on cherche à les changer d’air : dans ce but Hortense est chez sa tante Constance[3] et Jeanne, à son grand désespoir, ne vient que faire une petite visite aujourd’hui pour la première fois ; depuis 8 jours qu’elle est sans sa sœur à Versailles le temps lui paraît très long.

Il n’est pas certain que vous les trouviez encore à Paris, si leur maman[4] trouve à louer l’appartement de Versailles elles partiront pour le Poitou, mais il n’y a encore rien de positif.

Dimanche.

Un petit mot de Mme Lafisse m’apprend que décidément que cette pauvre hortense a la coqueluche, mais elle n’est pas gravement prise et sort. Je ne l’ai pas vue depuis qu’elle t’a écrit.

Combien l’idée de te voir me réjouit, je voudrais déjà vous avoir, ce qui n’est pas très raisonnable car le départ arrivera si vite qu’il est préférable d’avoir votre bonne visite en espérance.

Dis à ta maman[5] de ma part que si son chapeau n’est pas encore parti c’est que je ne l’ai pas trouvé bien, que je l’ai renvoyé ; je dois retourner chez la modiste un de ces jours pour le faire modifier ou en faire faire un autre. Mais je ne sors pas beaucoup en ce moment ayant quantité de choses à faire à la maison. Adieu, ma chère petite Marie.

Je t’embrasse bien tendrement ainsi que la petite Founi[6] à laquelle je compte écrire très prochainement

Tante Cala

Embrasse bien fort ta petite maman pour moi, et dit à ta bonne-maman[7] que je suis bien contente de savoir qu’elle va mieux et que je souhaite apprendre qu’elle a pu sortir.


Notes

  1. Cette lettre non datée est à situer juste après que Marie Mertzdorff a fêté ses 8 ans (elle est née le 15 avril 1859).
  2. Jeanne et Hortense Duval.
  3. Constance Prévost épouse de Claude Louis Lafisse.
  4. Bathilde Prévost, épouse d’Alphonse Duval.
  5. Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff, et sœur d’Aglaé.
  6. Founi, Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  7. Soit Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril, soit Marie Anne Heuchel, veuve de Pierre Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Samedi 20 et dimanche 21 avril 1867. Lettre d’Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) à Marie Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_20_et_dimanche_21_avril_1867&oldid=35449 (accédée le 17 août 2022).

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