Vendredi 26 mars 1880

De Une correspondance familiale

Lettre d’Emilie Mertzdorff (épouse d’Edgar Zaepffel) (Nancy) à sa nièce Marie Mertzdorff (Paris)

original de la lettre 1880-03-26 pages 1-4.jpg original de la lettre 1880-03-26 pages 2-3.jpg


Nancy le 26 Mars 1880

Tu auras plus le droit ma chère enfant, de dire que je suis une tante fort ennuyeuse qu’une tante gâteau, car en t’écrivant dernièrement j’aurais dû te mentionner que nous aurions besoin d’être guidés pour le choix de la garniture de cheminée de ta chambre à coucher et je viens donc dans ce but te demander l’avis des deux chambres réunies. Nous aimerions autant que possible que la garniture fût en rapport avec l’ameublement. Ne te gêne pas ma chère petite pour me dire ce que tu préfères, si c’est une garniture Louis XIV, Louis XV ou Louis XVI et si tu la désires en tout bronze, ou bien en bronze doré ou en dernier lieu en cuivre, car les trois genres sont très à la mode. Si par hasard nous ne devions pas bien trouver ici (ce qui m’étonnerait) nous attendrons que nous soyons à Paris ; mais dis-moi toujours le genre de votre ameublement de chambre à coucher et votre avis sur le métal que vous préférerez. Je ne te demanderai pas une grande lettre, écris-moi seulement pour me répondre à cette grave question, car je sais bien ma chère petite fiancée que ces derniers moments te sont bien comptés.

Je te prie de remercier encore pour moi Madame Edwards[1] de son aimable invitation, car sera une bonne soirée que nous passerons avec elle et avec vous mes chères enfants[2]. Je me réjouis tout à fait de faire la connaissance de M. Marcel[3], notre futur neveu, j’espère qu’aux vacances vous penserez quelques fois à venir un peu chez les Edgar Zaepffel, soit à Nancy, soit à Colmar, tu devras bien cette marque d’affection à la sœur de ton père[4].

Les journées doivent en ce moment vous passer comme un rêve, il y a tant de choses à faire pour un mariage et pour monter un ménage.
Mais je ne veux te retenir plus longuement par mes pattes de mouche.

Adieu ou plutôt au revoir ma bonne Marie, reçois mes plus affectueux baisers que tu voudras bien partager avec ta chère petite sœur qui est très paresseuse en prose.
Ta vieille tante Emilie.


Notes

  1. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  2. Marie et sa sœur Emilie Mertzdorff.
  3. Marcel de Fréville, le fiancé de Marie Mertzdorff.
  4. Emilie Mertzdorff-Zaepffel est la sœur de Charles Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Vendredi 26 mars 1880. Lettre d’Emilie Mertzdorff (épouse d’Edgar Zaepffel) (Nancy) à sa nièce Marie Mertzdorff (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_26_mars_1880&oldid=35970 (accédée le 18 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.